
CINE : LA JEUNE FILLE ET LES LOUPS
Tout sur LA JEUNE FILLE ET LES LOUPS - La Critique - Photos - Le 2008-02-08 05:47:01LA JEUNE FILLE ET LES LOUPS
Un film de Gilles Legrand
Avec Lætitia Casta, Jean-Paul Rouve, Stefano Accorsi, Loránt Deutsch, Michel Galabru...
Durée : 1h51
Date de sortie : 13 février 2007

Legrand maîtrise parfaitement les multiples rebondissements d'un scénario qui renoue ostensiblement avec ces romans feuilletons qui tenaient les foules en haleine au dix-neuvième siècle. La jeune fille et les loups assume ses partis pris en confondant parfois vitesse et précipitation, mais on aurait tort d'en tenir grief au réalisateur, tant le cinéma français a perdu le souffle de ces épopées. La mécanique fonctionne plutôt bien, en grande partie grâce à un casting parfait. C'est à l'acteur italien Stefano Accorsi, fiancé de Lætitia Casta dans la vie, que revient le rôle de l'ermite dont elle tombe amoureuse. Faisant sienne l'antienne d'Hitchcock qui recommandait de soigner le méchant avec une attention toute particulière, le réalisateur confie à l'excellent Jean-Paul Rouve le rôle payant d'un patron de fonderie ambitieux qui doit trouver une reconversion après avoir fait fortune en fabriquant des canons, puis des monuments aux morts. C'est la lutte du pot de fer contre le pot de terre... au propre comme au figuré.

L'histoire et les personnages sont si forts qu'on en arrive à faire abstraction de la mise en scène proprement dite. Or c'est là où le bât blesse. En effet, Gilles Legrand se contente de planter sa caméra et de filmer, tout en abusant de la musique pour souligner le moindre effet, à la manière des pires tâcherons. Du coup, le lyrisme de certaines séquences (un accident d'avion notamment) se trouve systématiquement appuyé de façon artificielle comme dans les pires productions hollywoodiennes. C'est d'autant plus dommage qu'il disposait de tous les arguments pour séduire, en se démarquant de ces reconstitutions d'époque cossues Made in France qui ressemblent trop souvent à des téléfilms. Reste qu'ici le récit est solide et qu'après tout, comme disait le père Gabin, « un film, c'est une histoire + une histoire + une histoire ». Ne boudons donc pas ce plaisir simple.
Jean-Philippe Guerand
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