
STEVEN SPIELBERG, PARTIE 3 : EMOTIONS HISTORIQUES
Tout sur INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL - La Critique - Photos - Le 2008-04-22 10:42:03A côté de son désir d'évasion, sa quête d'innocence, on a souvent vu Spielberg dépeindre la nature humaine et sa noirceur, opposer l'innocence à un monde assez sombre et désenchanté. Ses films sont des parenthèses, des moments de répit et de merveilleux. Mais il n'occulte jamais la dureté. Au fur et à mesure que sa carrière avance, ce souci de raconter les tourments de l'histoire va s'affirmer de plus en plus, jusqu'à devenir son inspiration centrale.

1941 est l'amorce de cela en 1978. Même s'il s'agit d'une fantaisie burlesque, elle est fondée sur la peur que les américains éprouvaient d'être attaqués de nouveau par le Japon après le traumatisme de Pearl Harbor. On ne peut pas dire que cette incursion dans la bouffonnerie pure soit l'oeuvre la plus convaincante du cinéaste, elle recèle cependant de beaux moments de pur délire, comme ce pastiche des Dents de la mer où c'est un sous-marin japonais et son périscope qui tiennent le rôle du requin pendant le bain de minuit. Il est intéressant de voir que Spielberg aborde l'histoire d'abord de manière détournée, pour le contexte qu'elle offre, sans d'abord se sentir prêt à en dépeindre les enjeux, à l'évoquer de front. C'est également vrai pour Indiana Jones et son contexte. Les nazis -« Je hais ces gars là »- y sont des méchants de cinéma typiques, presque cartoonesques. Dans Indiana Jones et la dernière croisade, le héros se trouve même face à Hitler pendant un court moment. Mais on reste dans une approche superficielle, pour fournir un contexte temporel, concourir à l'ambiance du film.

Le cinéaste évolue progressivement vers une vision historique forte, une volonté de témoigner de manière beaucoup plus directe et engagée dans le propos et la mise en scène (ce qui aboutira à Il faut sauver le soldat Ryan et Munich). Comme dans les autres genres qu'il a abordés, il a gagné en radicalité avec le temps. Peu à peu, l'histoire n'est plus un simple contexte, elle devient fondamentale (avec La Liste de Schindler et la production de la mini-série Band of brothers).
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STEVEN SPIELBERG, CINEASTE TOTAL : REFUGES DE L'INNOCENCE
STEVEN SPIELBERG, CINEASTE TOTAL : MAITRE DU SUSPENSE
















































