Le cinéma hollywoodien regorge de fausses bonnes idées, parmi lesquelles cette propension agaçante au remake. Ces brainstorming menant à la mise sur les rails du remake d'un grand classique, voire juste d'un bon film, ont bien souvent creusé la tombe de projets guidés par le dictat de l'entertainment. Certes, il y eut aussi des miracles (cela fera l'objet de la suite de ce dossier), mais pour combien de films honteux ? Petite liste hélas, cent fois hélas, non exhaustive...
HITCHER - Dave Meyers
Généralement quand un remake est annoncé, surtout s'il s'agit de celui d'un classique indémodable cher au coeur de nombreux fans, difficile d'en attendre quelque chose de grand. Mais quand l'oeuvre est un exemple de viscéralité et qu'on apprend qu'une remise à jour est en préparation du côté de la team
Michael Bay, ce dernier étant le chef de file d'un cinéma épileptique et bourrin vide de sens, on sent le film inutile et insultant. C'était donc couru d'avance pour ce
Hitcher version 2007 et la vision de cette chose, confirme toutes nos craintes. Script analphabète, pellicule n'ayant pour elle que la beauté de quelques filtres, et acteurs aussi transparents que leurs prédécesseurs étaient charismatiques. Et si l'on rajoute à cela un final d'une platitude mièvre et d'une violence grossièrement superflue, il ne reste rien à sauver de cette production opportuniste.
LA PLANETE DES SINGES - Tim Burton
Ah,
Tim Burton ! Il fallait bien qu'un jour le génie du goth et du macabre finisse par faire un incident de parcours. Mais alors qu'on attendait plutôt une audace ratée ayant pour elle ses intentions ou encore quelques fulgurances thématiques et un budget minime propice à ranger cet éventuel ratage comme un projet mineur, Tim choisit d'opérer le plantage de sa carrière dans les grandes largeurs. Et l'excuse du « projet de commande » n'y fera rien. Non content de s'atteler à un classique poignant dont la puissance et l'impact étaient indissociablement ancrés dans une réalité politique brulante, le blockbuster de l'ami Burton va, tant aux yeux de ses fans que de ses détracteurs, s'avérer être d'une telle vacuité que certains en oublieront même le contenu. Pire, ses adorateurs se lanceront carrément dans une croisade clamant que l'auteur est désormais vendu au système. Maquillages pitoyables, mise en scène plan plan, sans oublier un final d'un goût totalement déplacé et au potentiel d'hilarité non sensique toujours intact. Heureusement, le maestro s'est depuis racheté une conduite.