Souvent on dit qu'une simple idée peut faire un bon film si elle est bien exploitée, et c'est souvent d'elle que découle ainsi tel un torrent un véritable univers et des scénarios inventifs qui n'auraient pas lieu d'être sans cette trouvaille en or. Et alors que beaucoup de ces films sont généralement situés dans un futur proche et la font évoluer dans des univers qui en découlent (
Minority Report et ses precogs capables de prévoir les infractions,
Robocop et son flic composé de métal,
Bienvenue à Gattaca et sa sélection génétique,
L'Armée des 12 Singes et sa machine à voyager dans le temps,
Le règne du Feu et son réveil de dragons,
les Fils de l'homme et sa natalité mondiale avortée...), le
Jumper de
Doug Liman a choisi de placer ses téléporteurs dans notre monde sans que cet élément ne le modifie, un peu comme si toute une partie de notre univers était à portée de la main mais nous serait invisible, perdus que nous sommes dans un quotidien pâteux.

Et en regardant certains films, et pour peu que l'on ait une imagination débordante (un peu comme Ian Solo, quoi), il devient rapidement plausible que certains éléments existent et pourraient éventuellement se présenter d'un coup à nous alors que tout semblait jusqu'ici normal. On pourrait ainsi parfaitement imaginer que l'appareil décrit dans le
Strange Days de
Katherine Bigelow (1995) existe bel et bien : situé en 1999 quelques heures à peine avant le passage à l'an 2000, le film introduit en effet un élément technico-fantastique sans lequel l'histoire n'aurait pas lieu d'être, mais qui n'en modifie pas notre réalité pour autant : Lenny Nero (
Ralph Fiennes) deale en effet des souvenirs. Il possède une machine capable d'enregistrer et de reproduire les visions de toute personne correctement équipée. Pas d'implant bionique, pas de monde futuriste, juste le fantasme de certains de pouvoir incarner une autre personne et de revivre encore et toujours les meilleurs moments d'une vie déchue. Allez savoir, peut-être que le FBI s'en sert déjà.

Autres films concepts nous proposant d'explorer une réalité que le public ne connaît peut-être pas assez bien : les films traitant du voyage dans le temps. Assis tranquillement à regarder la Star Ac' ou
Un gars/une fille, peut-être n'avez-vous pas remarqué que le monde a failli exploser 1000 fois mais qu'il a été sauvé in extremis par un habitant du futur, ou un citoyen capable de prédire l'avenir. Et même si ces films sont parfois d'une qualité toute relative, combien de catastrophes évitées par
Nicolas Cage dans
Next (capable de voir dans le futur mais pas au-delà de deux minutes... quoique en fait si), de prises de contrôle du monde évitées par
Ben Affleck (se laissant des messages indéchiffrables à déchiffrer rapidement avant l'inévitable) ou
Jean-Claude Van Damme (se sauvant lui-même, sa femme et accessoirement le monde d'un sénateur diabolique) respectivement dans
Paycheck (
John Woo, 2003) ou
Timecop (Peter Hayams, 1994) !