
BEAUFORT
Un film de Joseph Cedar
Avec Oshri cohen, Itay Tiran, Eli Eltonyo, Ohad Knoller, Itay Turgeman
Durée : 2h
Date de sortie : 26 mars 2008

Cela fait bientôt 18 ans que Beaufort, une ancienne forteresse croisée située au Liban et depuis devenue le symbole d'une guerre contestée, est aux mains de l'armée Israélienne. Tenue par de jeunes recrues, la place forte isolée est en permanence bombardée par le Hezbollah depuis le début de la première intifada. Liraz, un jeune officier en charge de la garnison, voit peu à peu voler en éclat ses certitudes et celles de ses camarades, dans l'espoir d'un retrait imminent.
Le 4 Février 1997, un accident de manoeuvre impliquant 2 hélicoptères chargés de soldats en partance pour Beaufort fait 73 morts. Alors que le gouvernement promet depuis plus d'une douzaine d'années un retrait des troupes du Liban, 4 mères de victime décident de créer un mouvement de protestation afin de faire pression sur le gouvernement. Un mouvement qui sera bientôt suivi par une masse non négligeable d'israéliens alors que l'occupation du pays du cèdre est de plus en plus controversée et impopulaire. C'est dans ce climat que Beaufort, troisième film du réalisateur israélien Joseph Cedar prend place. Adapté du roman éponyme (originalement nommé « Im Yesh Gan Eden », « Si le paradis existe ») écrit par un journaliste du pays narrant les mémoires (en partie vécues) d'un soldat autrefois stationné dans la forteresse, le métrage est bien plus un film à tendance politique sur la guerre qu'un véritable film de guerre.

Bien entendu, impossible d'évoquer la situation insoutenable qui constitue le quotidien chaotique de ces jeunes soldats sans mettre en scène la menace qui les guette chaque instant et le film n'est pas exempt de séquences choc, d'explosions impressionnantes et de victimes, morts ou blessés au regard accusateur. Le film est ainsi en permanence survolé par cette menace invisible (on ne voit jamais les attaquants) alors que les soldats sont soumis à une tension permanente reproduite par une partition sonore tétanisante simulant énergiquement la descente d'obus et de mortiers sur la place forte. Mais alors que le métrage s'impose finalement comme une sorte de huis clos oppressant (les rapports avec l'extérieur sont rares et généralement frustrants, que ce soit dans l'impossibilité de riposter ou dans la réception d'ordres semblant être à l'encontre d'une logique humaine évidente), il va évidement se focaliser sur le vécu des personnages.







































