
INTERVIEW : PETER GREENAWAY
Tout sur LA RONDE DE NUIT - La Critique - Photos - Le 2008-02-22 08:34:39
Est-ce facile de monter vos films aujourd'hui ?
Hier, j'ai envoyé le scénario de mon prochain projet. Je souhaite mettre en scène un film pornographique au Brésil. D'un point de vue financier, ce sera dans la continuité de La Ronde de nuit. Chacun de mes films coûte entre 3 et 4 millions d'euros. Ce n'est pas excessivement coûteux. Du moment que j'accepte dès le départ de ne pas dépasser le budget, je me rends compte que mes films se montent facilement. L'important pour moi, c'est de ne pas aller au-delà d'un seuil. Si on ne s'impose pas une forme de discipline, alors on perd tout contrôle et toute indépendance. Des personnes étrangères à mon travail pourraient ainsi me dire ce que je dois faire; ce que je n'accepterais jamais. Je perçois La ronde de nuit comme un "thriller économique". Tout l'argent est récupéré pendant les pré-ventes, donc je n'ai pas à me soucier de savoir si le film va marcher ou non au box-office. C'est aussi pour cette raison que je ne me soucie pas des critiques ou des réactions négatives que peut engendrer mon travail. Par exemple, si vous me dîtes que vous n'aimez pas le film que je viens de réaliser, cela ne m'empêchera pas de dormir.
Depuis votre premier long métrage The Fall, vous êtes toqué d'expérimentations formelles et narratives.
Oui. Mais je pense avoir atteint un stade avec The Tulse Luper Suitcases (NDR. Présenté au festival de Cannes et inédit en salles). Je ne sais pas si vous l'avez vu mais ce fut un véritable échec commercial. En réalité, j'avais spécialement conçu le film pour qu'il soit visible en DVD. Essentiellement parce qu'il fonctionne de manière interactive avec le spectateur. Paradoxalement, il a extrêmement bien fonctionné sur Internet à travers le site web multimédia consacré au produit. Chaque jour, on enregistrait des taux de fréquentations impressionnants. Mais je ne crois pas qu'il soit sorti en France, non?

Non. Votre dernier film sorti en France, c'était Huit femmes et demi.
Oui. Et ça aussi, ce fut un échec cuisant. Si on remonte à mon dernier vrai succès commercial, c'est probablement The Pillow Book que j'ai réalisé il y a plus de dix ans maintenant. C'est une curieuse situation. Pour ce qui est de monter mes films aujourd'hui, je ne suis pas plus inquiet que ça. Après le film pornographique, j'ai déjà signé pour trois nouveaux longs métrages. Donc je devrais normalement encore tourner jusqu'en 2012. Sinon, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. J'ai toujours été un artiste polyvalent et j'ai toujours aimé fréquenter différents domaines. Je peins depuis le début de ma carrière. D'ailleurs, suite à La ronde de nuit, j'ai pu renouer des liens avec cet art en créant des expérimentations sur des oeuvres connues. C'est une manière de mettre en scène la peinture à travers le cinéma et pourquoi pas d'autres vecteurs artistiques. Pour moi, c'est passionnant parce que je peux travailler l'image comme je l'ai toujours voulu.












































