toutes les news L'OEIL DES SERIES 7 : SATURN + KNIGHT FEVER ?SommaireCINE : ANDALUCIA
INTERVIEW : PETER GREENAWAY

INTERVIEW : PETER GREENAWAY

Tout sur LA RONDE DE NUIT - La Critique - Photos - Le 2008-02-22 08:34:39


Peter Greenaway est un cinéaste insaisissable qui depuis des années fomente des fictions expérimentales à l'écart des modes et des tendances (celles du divertissement comme celles de l'auteurisme) et révèle à chaque tentative une aptitude à inventer du neuf et du beau. Il faut avoir vu The Falls, son premier long métrage, étrange chronique polyphonique sur des gens cinq secondes ou cinq minutes avant un événement tragique et inexpliqué, pour comprendre son fonctionnement tordu où les chiffres, la violence, le sexe, la rigueur et la bizarrerie sont développés comme des obsessions maladives. Architecte du temps et de l'espace, Greenaway filme comme le peintre qu'il a toujours été: en s'appuyant sur son intuition et ses audaces que le spectateur goûte selon sa sensibilité. Et comme tous les réalisateurs qui peignent, il inscrit son travail dans le cadre d'une réflexion offensive sur les possibilités du cinéma entre la technicité du moyen d'expression et les histoires qu'il peut raconter. Il était adéquat pour raconter la grandeur et la décadence d'un autre artiste, Rembrandt. Son histoire est connue de tous mais racontée par ce maître de l'ambiguïté, elle gagne une dimension troublante. Vous l'aurez compris: qu'on le prenne comme un cours didactique ou une expérience de cinéma, La ronde de nuit justifie le Dithyrambe. En interview, Greenaway manie la même ironie qui caractérise ses films les plus extrêmes et formule dans ses réponses les questions que vous n'auriez peut-être jamais osé lui poser.


Est-ce facile de monter vos films aujourd'hui ?
Hier, j'ai envoyé le scénario de mon prochain projet. Je souhaite mettre en scène un film pornographique au Brésil. D'un point de vue financier, ce sera dans la continuité de La Ronde de nuit. Chacun de mes films coûte entre 3 et 4 millions d'euros. Ce n'est pas excessivement coûteux. Du moment que j'accepte dès le départ de ne pas dépasser le budget, je me rends compte que mes films se montent facilement. L'important pour moi, c'est de ne pas aller au-delà d'un seuil. Si on ne s'impose pas une forme de discipline, alors on perd tout contrôle et toute indépendance. Des personnes étrangères à mon travail pourraient ainsi me dire ce que je dois faire; ce que je n'accepterais jamais. Je perçois La ronde de nuit comme un "thriller économique". Tout l'argent est récupéré pendant les pré-ventes, donc je n'ai pas à me soucier de savoir si le film va marcher ou non au box-office. C'est aussi pour cette raison que je ne me soucie pas des critiques ou des réactions négatives que peut engendrer mon travail. Par exemple, si vous me dîtes que vous n'aimez pas le film que je viens de réaliser, cela ne m'empêchera pas de dormir.

Depuis votre premier long métrage The Fall, vous êtes toqué d'expérimentations formelles et narratives.
Oui. Mais je pense avoir atteint un stade avec The Tulse Luper Suitcases (NDR. Présenté au festival de Cannes et inédit en salles). Je ne sais pas si vous l'avez vu mais ce fut un véritable échec commercial. En réalité, j'avais spécialement conçu le film pour qu'il soit visible en DVD. Essentiellement parce qu'il fonctionne de manière interactive avec le spectateur. Paradoxalement, il a extrêmement bien fonctionné sur Internet à travers le site web multimédia consacré au produit. Chaque jour, on enregistrait des taux de fréquentations impressionnants. Mais je ne crois pas qu'il soit sorti en France, non?


Non. Votre dernier film sorti en France, c'était Huit femmes et demi.
Oui. Et ça aussi, ce fut un échec cuisant. Si on remonte à mon dernier vrai succès commercial, c'est probablement The Pillow Book que j'ai réalisé il y a plus de dix ans maintenant. C'est une curieuse situation. Pour ce qui est de monter mes films aujourd'hui, je ne suis pas plus inquiet que ça. Après le film pornographique, j'ai déjà signé pour trois nouveaux longs métrages. Donc je devrais normalement encore tourner jusqu'en 2012. Sinon, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. J'ai toujours été un artiste polyvalent et j'ai toujours aimé fréquenter différents domaines. Je peins depuis le début de ma carrière. D'ailleurs, suite à La ronde de nuit, j'ai pu renouer des liens avec cet art en créant des expérimentations sur des oeuvres connues. C'est une manière de mettre en scène la peinture à travers le cinéma et pourquoi pas d'autres vecteurs artistiques. Pour moi, c'est passionnant parce que je peux travailler l'image comme je l'ai toujours voulu.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2] [p3]

vos avis Ajouter un avis
 
Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami

Notez ce film

note des internautes :
8.2/10
(5 votes)

Les autres films

 



box office

1

TRANSFORMERS 2 : LA REVA
entrées : 1 115 888 (1 semaine)




2

VERY BAD TRIP
entrées : 402 973 (1 semaine)




3

JEUX DE POUVOIR
entrées : 303 056 (1 semaine)




4

TELLEMENT PROCHES
entrées : 496 176 (2 semaines)




5

LES BEAUX GOSSES
entrées : 614 803 (3 semaines)




6

LASCARS
entrées : 380 416 (2 semaines)




7

TERMINATOR RENAISSANCE
entrées : 1 436 661 (4 semaines)




8

HANNAH MONTANA, LE FILM
entrées : 225 132 (2 semaines)




9

NOTORIOUS B.I.G.
entrées : 74 028 (1 semaine)




10

LA NUIT AU MUSEE 2
entrées : 1 530 301 (6 semaines)