
MODERN LOVE
Un film de Stéphane Kazandjian
Avec Bérénice Béjo, Alexandre Lamy, Stéphane Rousseau, Pierre François Martin-Laval, Clotilde Courau, Stéphane Debac...
Durée : 1h30
Date de sortie : 12 Mars 2008

C'est l'histoire d'Eric qui aime Anne mais qui retrouve Marie, son ex, et qui se prend à rêver à une seconde chance. C'est l'histoire d'Elsa qui, après s'être jurée de ne plus s'engager qu'avec son Homme Idéal, rencontre en Jérôme cette perle rare et c'est là que les ennuis commencent. C'est l'histoire de Vincent et Marianne qui n'ont rien en commun et pourtant tout pour se plaire. C'est une histoire de rêves, de retrouvailles, de ruptures et de rencontres. Bref, une grande histoire d'amour, comme au cinéma.
Passons sur le titre, franchement peu accrocheur et renvoyant à l'aspect générationnel des histoires racontées ici. Moderne ? Pas tant que ça... Car les amourettes filmées ici n'ont rien de bien originales et ne peuvent prétendre tracer le portrait sexué et passionné des trentenaires du nouveau millénaire. Si l'on notera cependant un certain effort pour redéfinir des normes sexuelles plus ouvertes et décontractées en inventant des personnages homosexuels qui se révèlent hétéros et inversement, on pourra cependant rapidement déchanter en voyant le manque d'ambitions et le peu d'approfondissement. Ainsi, on aurait aimé connaître les sentiments de cette meilleure amie mariée (second rôle très bien tenu par Valérie Karsenti) qui trouve l'épanouissement dans les bras d'une belle jeune femme. Et si parfois le métrage se permet d'étranges détours, notamment lorsqu'il s'agit du personnage de Clotilde Courau, où le scénario prend une tournure plus intéressante, on reste souvent sur notre faim.

Alors qu'est ce qui fait le charme de ce Modern Love ? Difficile de trouver un véritable intérêt au « film dans le film » où les joutes verbales de Stéphane Rousseau et Alexandra Lamy ne font pas grand effet. Difficile d'être émerveillé devant les interludes musicaux qui nous rappellent que ne sont pas Ginger et Fred qui veulent (Lamy galère sévère...)... Bref, ce sont bien les comédiens et leur charme dévastateur qui font de ce film une sympathique comédie qui se laisse voir sans trop sourciller. Bérénice Béjo, PEF et Stéphane Debac s'en sortent avec les honneurs et témoignent d'un excellent sens de la comédie. Si l'on était déjà au courant pour certains, c'est un plaisir de découvrir une Bérénice Béjo radieuse et maladroite, pomponée et bourrée, effet coiffé/décoiffé... Elle porte en effet le film sur ses épaules de son jeu délicat et du naturel avec lequel elle se confronte aux situations les plus écrites.
Si le film tente de créer un pont entre la fiction et la réalité, l'amour que l'on imagine, que l'on rêve, et celui que l'on vit réellement, la tendance à la caricature ne permet pas toujours au métrage de tirer juste. On s'amusera à se reconnaître dans certaines situations embarassantes ou même à se projeter dans les désirs de chacun mais le spectateur réalisera bien vite que la pseudo-réalité du film est encore bien plus cinématographique et fictionnelle que le téléfilm qui nous est présenté en montage parrallèle. Une astuce ressemblant plus à une fausse bonne idée qu'à une véritable prouesse scénaristique. Le tout reste cependant assez plaisant, comme une comédie légérement romantique diluée aux désillusions et à l'amertume. Une intention louable qui ne fait pas toujours mouche mais qui réjouira les plus sensibles...
Kevin Dutot
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