
AUGUST RUSH
Un film de Kirsten Sheridan
Avec Freddie Highmore, Keri Russell, Jonathan Rhys-Meyers, Terrence Howard, Robin Williams...
Durée : 1h43
Date de sortie : 19 Mars 2008

Peu importe qu'il ait grandi dans un orphelinat : August Rush est persuadé que ses parents n'ont jamais voulu l'abandonner. Le jour où il découvre son talent inné pour la musique, August y voit même le moyen de retrouver ceux qui l'ont mis au monde : il est sûr que ses parents, s'ils entendent la symphonie qu'il a composée pour eux, sauront le reconnaître au travers de sa musique.
Un scénario incroyablement nunuche, invraisemblable dans les grandes largeurs et dégoulinant de bons sentiments mais sauvé in extremis par de très beaux interludes musicaux... Kirsten Sheridan filme à merveille la musique. Un petit miracle. Kirsten Sheridan, fille du cinéaste rénommé irlandais Jim Sheridan, n'en est pas à son coup d'essai. Après plusieurs court-métrages et Disco Pigs, son premier long, la voici de retour avec cette romance dont la digestion risque de causer quelques problèmes à certains d'entre vous. Mielleuse et difficile à croire, l'histoire d'amour qui unit les deux protagonistes adultes du long-métrage introduit le film de manière très maladroite et caricaturale. Chanson au clair de lune, calins sur les toits de New York et rupture forcée sont donc au programme des difficiles vingt premières minutes du film. On note cependant rapidement le talent de la réalisatrice pour nous présenter les deux univers musicaux du long-métrage lors d'un duo construit sur un montage parallèle entre une guitare électrique et un violoncelle. Elégante et bien maîtrisée, cette mise en bouche permet d'espérer d'autres interludes musicaux du même accabit...

Si l'histoire continue à se coudre de gros fils, on reste néanmoins dans l'attente de ces instants de grâce où les instruments et le personnage joué par Freddie Highmore ne font qu'un. A 11 ans, ce Mozart des temps modernes est un prodige de la musique qui apprend à jouer de la guitare en 30 secondes chrono et compose une symphonie pour un orchestre de 70 musiciens en deux heures... La classe. Si nous ne sommes pas dupes, il faut néanmoins reconnaître que la réalisatrice met tout en oeuvre pour laisser la musique s'emparer de notre coeur sensible de spectateur. Ainsi, le temps d'un morceau de piano, d'orgue ou de guitare sèche, le petit chérubin à deux doigts de l'autisme prend aux tripes et rend hommage à l'excellente composition de Mark Mancina, à qui l'on doit, entre autres, les musiques de Tarzan de Disney... Mélangeant les genres, les instruments, les outils et les influences, Mancina parvient à créer une musique essentielle et pleine d'âme. Et si l'on doit parfois passer par une chorale de gospel pour appuyer le propos, ce n'est pas si grave, étant donné la qualité du chant et de l'interprétation...
Bref, vous l'avez compris, il faut mettre son raisonnement de côté et ses remontrances à l'entrée de la salle pour apprécier un tant soit peu le film de Sheridan. Les prestations de Robin Williams et Terrence Howard, aussi oubliables que souvent ridicules, ne parviennent cependant pas à offrir une dimension autre que la simple démonstration visuelle et auditive de la musique. Mais rarement cette dernière et ses instruments n'auront été aussi bien filmés et le son aussi bien décortiqué... Alors on prend un certain plaisir et on ne s'en veut pas. C'est toujours ça...
Kevin Dutot
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