
MON FÜHRER
Un film de Dani Levy
Avec Ulrich Mühe, Helge Schneider
Durée : 1h35
Date de sortie : 12 mars 08

Mon Führer tente de dépeindre en effet sous des dehors de comédie, la personnalité de celui qui établit ce troisième Reich censé durer mille ans, dans sa relation avec celui qui doit le sortir de sa catatonie. Ainsi, voit-on Adolf Hitler épuisé et atrabilaire être incité par Goebbels et Speer à retrouver sa fougue des premières années, celle de la Nuit de Cristal et des premiers élans de Nuremberg. Cela pour gagner la guerre ou du tout du moins en préserver l'espoir. Et quoi de mieux pour se faire que d'en appeler à son ancien professeur de théâtre, Adolf Grunbaum, juif et de surcroît déporté à Sachsenhausen avec toute sa famille !
Dès lors, le métrage va se construire autour de cette idée et de cette histoire hautement discutables. De vaines tentatives de drôlerie en situations pitoyables, Mon Führer va ainsi aller jusqu'au bout de ses grotesques invraisemblances pour illustrer ce qui aurait pu être - après tout - une certaine idée de comédie et de mise en scène. Nous verrons pêle-mêle Hitler faire le chien en jogging et réclamer son professeur juif que ses généraux auront tenté de gazer une nouvelle fois ou bien assisterons-nous à sa vaine tentative pour sauver en échange de ses services, sa famille puis l'ensemble de Sachsenhausen, véritable camps où périrent 30 à 35000 personnes. Et cela se passe alors même que ce dernier comprenant qu'il a été abusé et dupé, va pourtant faire preuve à son égard d'une affection voire d'une compassion inattendue envers son hôte malade. En effet, celui qui massacre son peuple, lui qu'il projette d'assassiner sans toutefois y parvenir, jouira de son réconfort et partagera dans une scène insensée, le lit qu'il occupe avec sa femme, tout juste extraite de son camps de concentration.

Dépressif, misérable et comme dépassé par sa propre folie, l'homme Adolf Hitler que Dani Levy nous donne à voir lorsqu'il fait face à son enseignant en art dramatique, s'excuserait presque de l'idée génocidaire mûrie depuis Mein Kampf, celle qui mit en oeuvre le massacre orchestré, planifié et scientifiquement organisé de la Solution Finale dès décembre 1941 et la déploya avec la Conférence de Wannsee en janvier 1942.



































