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SCAN SEQUENCE : PUNCH-DRUNK LOVE

SCAN SEQUENCE : PUNCH-DRUNK LOVE

Tout sur PUNCH-DRUNK LOVE - Photos - Le 2008-02-28 09:18:05


A l'occasion de la sortie en salles du film There Will be Blood, DVDRama vous propose un petit flashback sur l'un des plus grands films du cinéaste Paul Thomas Anderson : Punch-Drunk Love. Cette histoire d'amour surréaliste et barrée entre deux êtres complémentaires et opposés révèle les tendances romantiques d'un réalisateur qui avait déjà témoigné dans Magnolia de son interêt pour les amourettes décalées. Ce scan séquence que nous vous proposons aujourd'hui revient sur l'une des plus belles scènes de baisers de l'Histoire du cinéma. Ni plus ni moins... Sorte de tableau entièrement inspiré par Réné Magritte, à mi-chemin entre l'art pictural et la photographie, Paul Thomas Anderson joue sur les couleurs, la lumière, les ombres et la symétrie pour créer un instant parfait, intemporel et complètement onirique. Symbiose parfaite entre l'émotion et l'esthétisme, PTA emprunte au peintre belge son idée de réduire la réalité à une pensée abstraite et « susciter le mystère avec la précision et l'enchantement nécéssaire à la vie des idées »... Tout comme l'artiste, Anderson possède un talent décoratif qui se manifeste dans l'agencement géométrique de la représentation. Démonstration.




Paul Thomas Anderson, comme pour appuyer immédiatement l'aspect pictural de sa séquence, projette le personnage d'Adam Sandler dans un tableau proche des oeuvres du douanier Rousseau. Surcadré, centré et coincé entre deux masses dorées, la symétrie des formes joue instantanément un rôle d'agenceur permettant d'introduire la géométrie des formes qui dicteront l'esthétisme de l'intégralité de la séquence. On note également le travail effectué sur les couleurs et la complémentarité des teintes... Rouge et cyan pour le costume. Jaune et bleu pour le cadre. Tout participe à créer un univers flatteur pour l'oeil et proprement idéal. Nous serions à deux foigts de nous demander si PTA n'aurait pas imaginé une seconde utiliser le nombre d'or (un nombre parfait calculant les proportions idéales dans une image) pour construire les plans qui suivent...





Nous suivons ensuite Adam Sandler qui vient de sortir de son tableau et qui se dirige vers un environnement plus lumineux et clair. Si l'on ressent un certain sentiment de liberté comparé au cloisonnement du plan précédent, PTA continue néanmoins de surcadrer son personnage en le plaçant au centre d'un cadre très travaillé. Même complémentarité des couleurs et symétrie parfaite sont à nouveau les fers de lance du réalisateur pour signifier le manque de liberté du personnage et les soucis qu'il rencontre depuis le début du film pour laisser libre cours à ses sentiments. Lorsque l'homme se retourne pour lancer un regard vers la direction opposée, on aperçoit au loin Emily Watson entrer dans le cadre.





Cette grande ouverture (plus qu'une porte) ouvre le cadre sur un univers sauvage, peu dompté où la nature domine plus que la civilisation. Ainsi, PTA crée une opposition entre le lieu où se trouve Adam Sandler, plein de limites, de barrières et de lignes droites et l'endroit d'où vient Emily Watson, qui laisse beaucoup plus de place à l'imaginaire. D'ailleurs, il utilise un procédé étonnant pour signifier l'aspect onirique de cette vision féminine. Il la fait en effet apparaître deux fois de suite. Tout d'abord lors d'un plan large puis lors d'un plan rapproché. La même scène est projetée deux fois de suite. Une dimension intemporelle et surréaliste entre donc en jeu et c'est la figure féminine qui l'introduit...

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