CINE : REQUIEM FOR A DREAM
Tout sur REQUIEM FOR A DREAM - La Critique - Photos - Le 2008-05-20 03:53:27REQUIEM FOR A DREAM
Réalisteur : Darren Aronofsky
Acteurs : Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans
2000
Durée : 1h55
Sortie le : 21 Mars 2001
Requiem For A Dream nous décrit les conséquences peu reluisantes des différentes formes de dépendance, en suivant les parcours parrallèles de quatres personnages dont les destins sont liés. Une femme proche de la soixantaine, passionée du petit écran, veut maigrir à tout prix pour passer dans un jeu télévisé. Son fils accro à l'héroine, essaye de décrocher pour réunir assez d'argent, en dealant avec son pote (Marlon Wayans) afin de pouvoir déménager avec sa copine junkie (Jennifer Connely).
Darren utilise à bon escient tous les artifices que lui propose l'outil cinématographique et réussit un film choc grâce à sa maitrise visuelle mais également sa narration qui privilégie les changements de rythmes selon les scènes et ce qu'elles représentent. Les séquences de shoot par exemple sont filmées en plan successifs montés de façon très rapide, qui permettent de réutiliser cette même scène les fois suivantes, et du coup accélère le rhytme du film, et va droit à l'essentiel.
A aucun moment ces effets ne viennent perturber le cours de l'histoire, mais au contraire lui donnent plus de force. Certains procédés (l'accéléré par exemple) auraient pu rendre certaines scènes risibles, mais cela n'arrive jamais. Grâce au sujet de l'histoire, plutôt noir et aussi aux acteurs qui sont tous exceptionnels (La performance de Ellen Burstyn est tout à fait monumentale).
Plus proche du cinéma expérimental que du clip, Requiem For A Dream est un drame humain qui nous touche grace à une nouvelle approche cinématographique, en phase avec son époque (l'excellent thème musical est indissociable du film). Un film puissant qui figure sans aucun doute parmi les meilleurs surprises de l'années. Une sorte de Fight Club du film de junkies.
Note : 10
Frédéric Ambroisine
On peut reprocher à Darren Aronofsky un recours systématique à des effets spectaculaires et percutants qui ne font qu'insuffler par l'artifice une émotion et une intensité que ne nous ferait pas autrement ressentir cette histoire ultra-classique et éculée. Une fois le postulat de départ assimilé (dix minutes), le reste du métrage est tellement prévisible que la surprise provient justement de tout voir se dérouler exactement comme on s'y attendait. Cette banalité génère un sentiment désagréable de se faire manipuler. Impression qu'on nous fait rentrer le film dans la cervelle à coup de burin. Qualité pour ceux qui aiment indifféremment tous les films coup de poing. Défaut pour ceux qui estiment que plus les ficelles sont grosses, moins efficace est le film. Les mêmes qui considèrent qu'on peut difficilement se sentir concerné par le destin de personnages qui sont déjà à terre au début de l'histoire. Leur déchéance est donc logique mais aussi inintéressante.
Cela n'enlève rien aux qualités de la mise-en-scène elle-même, si puissante, effectivement, que le film s'impose de toute façon comme un traumatisme. On ne peut accuser Aronofsky d'utiliser ces artifices à mauvais essient, puisqu'ils soulignent tous le propos de chaque scène. La réserve qu'on peut émettre est la trop grande lisibilité de cette oeuvre ou rien n'est laissé à l'intuition du spectateur. Chaque idée est explicitée et plusieurs fois surlignée. Cependant, l'extrême inventivité visuelle et l'ébouriffante virtuosité qui permettent au réalisateur d'emboïter toutes les séquences avec logique, grâce et homogénéité imposent le respect. On regrette d'autant que ce talent soit mis au service d'un matériau aussi commun et par lui-mêem insuffisant à produire les mêmes sensations.
Une mention spéciale pour les acteurs : ils sont tous prodigieux et en particulier l'incroyable Ellen Burstyn qui n'a pas volé sa nomination aux oscars. Eux et la bande originale de Clint Mansell sont pour beaucoup dans l'impact du film.
Aronofsky est fort. Il réalise des films grenades qui ne laissent pas grand monde indemne. Mais Requiem For Dream déçoit par sa propension à se regarder filmer, à embrouiller notre échelle de valeur : chaque élément du film devient une onde de choc, sans ordre d'intensité. Il faut secouer à tout prix.
PS : A peu près en même temps que Requiem For A Dream sort Traffic de Steven Soderbergh. Ce dernier film prouve la banalité extrême du sujet de Requiem puisque le calvaire de la fille de Michael Douglas est le même que celui vécu par Jennifer Connely. Dans les deux cas, l'histoire est prévisible et didactique, mais la réalisation sobre de Traffic ne cherche pas à en travestir le caractère ordinaire. Elle n'empêche pas pour autant l'émotion de poindre, mais une émotion moins intense car moins stimulée, moins téléguidée. Donc plus sincère. A l'inverse de Fight Club dont la complexité formelle venait en complément (et non en explicitation) de la complexité thématique, Requiem ne justifie pas ses débordements. Il s'en trouve déséquilibré.
Note : 6
Denis Brusseaux
Sîte officiel du film
Interview du rélisateur par Renaud Moran & Denis Brusseaux
Frederic et Denis







































