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INTERVIEW : JUAN ANTONIO BAYONA (L'ORPHELINAT)

INTERVIEW : JUAN ANTONIO BAYONA (L'ORPHELINAT)

Tout sur L'ORPHELINAT - galerie de photos - Le 2008-02-29 06:18:47


    Réalisateur de clips et de courts expérimentaux, surnommé le « Robert Zemeckis du video-clip espagnol » pour sa maîtrise de la technologie au service de l'histoire, Juan Antonio Bayona fut très tôt repéré par Guillermo Del Toro. De la collaboration entre les deux artistes (« lui c'est Shrek et moi je fais l'âne » aime à plaisanter Bayona) est né L'Orphelinat. A seulement 32 ans, Bayona concrétise un premier film maîtrisé et émouvant, et se voit propulsé par le public au sommet de sa profession. Sacré départ !


Le premier jet du script de L'Orphelinat est antérieur aux sorties de L'Echine du diable ou Les Autres. Mais ne craigniez-vous pas cependant qu'on vous accuse, à tort, de vous inspirer de ces films ?
C'est vrai qu'il y a eu ces deux films dont vous parlez. Pour nous, c'était presque une blague avec les scénaristes. Car chaque fois qu'il y avait un nouveau film qui sortait, on se disait : « ça y est, on va toujours avoir les mêmes sujets ! ». On en avait même parlé à Guillermo del Toro pour savoir ce qu'il en pensait. Il nous a dit, que de toute façon, tous les films d'horreur sont les mêmes parce que les sujets se répètent. Et que nous n'avions pas de soucis à nous faire. Il est vrai que ça nous a pris beaucoup de temps parce qu'il s'agissait d'une profonde réécriture du scénario. Nous avons été au-delà de ce que peuvent être les éléments communs du film de genre. Cela a été très dur et nous a pris beaucoup de temps pour aller au-delà de ces éléments.

Vous semblez partager des points communs avec l'univers de votre producteur, Guillermo Del Toro ?
Ce qui me plaît le plus dans l'univers de Guillermo c'est la richesse ! Car il est capable de reprendre tous les éléments traditionnels du film de genre avec tout ce qui existe déjà dans le cinéma américain. Comme c'est quelqu'un qui a une culture énorme, il peut être beaucoup plus éclectique à différents endroits. Et avec tout ça, nous construire un film tout à fait nouveau. Et comme en plus il est mexicain, il peut mélanger des choses qui correspondent à Bunuel comme des choses correspondant à la Hammer.


Vous faîtes explicitement référence à La Maison du Diable ou Les Innocents, et au caractère régressif de leurs héroïnes respectives...
Exact. L'Orphelinat parle également d'une sorte de retour en enfance. Il y a tout un travail de régression qui se fait le long du film. Il y a en effet des références à La Maison du Diable ou aux Innocents, mais c'est parce que ce sont des films que nous avons vu lorsque nous étions enfants et qui nous ont fait peur à l'époque. Nous voulions donc faire à peu près la même chose. Nous voulions justement revenir aux films d'autrefois, en rêvant en arrière, et nous remettre dans la peau de l'enfant qui a peur devant son vieux film. Il y a par ailleurs des références directes à Poltergeist, mais aussi à d'autres oeuvres plus anciennes parce que nous ne voulions pas du tout faire un film avec les codes d'aujourd'hui, dans lesquels il y a toujours trop de bruits et beaucoup trop de stress pour raconter une histoire. Nous voulions faire un film avec une petite histoire où un crescendo se produit et crée cette atmosphère de peur. Nous avons effectué un travail de longue haleine pour élaguer l'histoire et pour faire en sorte que ce climax qui arrive à la fin réveille cette sensation de terreur chez le spectateur. Parmi les références, il est vrai que nous avions beaucoup de cinéma d'horreur de l'époque, elles étaient présentes, on ne peut pas le nier, mais en même temps, nous avons essayé d'aller au-delà. Parfois une scène pouvait ressembler à une autre scène d'un film, mais c'est au moment du tournage, sur le plateau, avec les acteurs, que nous façonnions quelque chose de nouveau.

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