La rédaction dvdramienne, toujours à l'affût de vos réflexions cinéphiliques,
se consacre en ce début de semaine aux grandes familles du septième art. Car oui, certaines familles, par le talent de leurs membres, ont marqué le cinéma de leur empreinte. Pour certaines, on peut même parler de dynastie. Plusieurs rédacteurs ont choisi de mettre en avant quelques unes d'entre elles, et il ne tient qu'à vous de réhabiliter la famille qui, selon vous, mérite d'apparaître dans cette sélection. Les forums et les blogs attendent vos propositions !
LA DYNASTIE FONDA
Cela commence avec le père, Henry, figure mythique et légendaire du héros américain. Il est une grande icône. Il a incarné des symboles comme le Tom Joad des
Raisins de la colère, le juré juste de
Douze hommes en colère jusqu'au merveilleux contre emploi de Frank dans
Il était une fois dans l'Ouest et au couple gracieux de
la Maison du lac où il était ce « vieux maboul » de Norman. Ses enfants allaient incarner d'autres symboles, contestataires, en réaction peut-être à cette figure de héros classique.
Peter Fonda allait devenir un temps l'incarnation culte d'une jeunesse éprise de liberté dans
Easy Rider de
Dennis Hopper. Il poursuivrait sa carrière sur le même registre, comme l'un des portes drapeaux et l'une des grandes figures de la fin des sixties (on le retrouverait par exemple dans
l'Anglais de
Steven Soderbergh). Sa soeur Jane, véritable enfant terrible allait se faire un vrai prénom. D'abord en tant qu'actrice comme égérie de Vadim dans
Barbarella, dans
la Poursuite impitoyable, puis elle connaît la consécration dans
Klute, On achève bien les chevaux, le Retour... elle accomplit l'exploit d'assurer la relève de son père en même temps que son contrepoint. Elle marque les esprits en s'engageant avec véhémence contre le Vietnam (ce qu'on lui reprochera longtemps). Brouillée avec son paternel, elle le retrouve dans
la Maison du Lac qui est presque un témoignage de leur relation tourmentée, empreinte d'amour et d'incompréhension. Bridget, fille de Peter, continue la dynastie de fort belle manière notamment dans
JF partagerait appartement, le Parrain 3ème partie, Little Bouddha. Cependant sa carrière a connu quelques creux et ne connaît pas la même fortune que celle de ses glorieux aînés. Les Fonda sont une grande famille de cinéma, une lignée légendaire qui traverse les époques.
DOUGLAS, PERE ET FILS
Kirk Douglas était l'incarnation du héros typique : musclé, blond et le regard azuré, il était le canon de beauté ultime, l'idole classique existant parallèlement à la révolution menée par les émules de l'actor's studio (Brando, Newman, Dean et après eux De Niro, Pacino, Nicholson). C'est un comédien à l'ancienne, un grand professionnel, qui a prêté son célèbre visage à des personnages emblématiques. Il est une star au sens premier, presque l'incarnation d'un âge d'or. On l'associe surtout à
Spartacus et au Kubrick des
Sentiers de la gloire, à son personnage de marin dans
20 000 lieues sous les mers ou encore prêtant ses traits à Vincent Van Gogh. Il était aussi un homme courageux et engagé, qui employa par exemple des scénaristes blacklistés comme Dalton Trumbo. Son fils Michael a dû se faire un prénom en passant derrière son père, véritable icône. Il commence par une jeunesse insouciante et baba cool. Il apparaît d'abord dans la série
Les rues de San Francisco aux côtés de Karl Malden. A force de choix artistiques judicieux (il est le producteur de
Vol au dessus d'un nid de coucou), il s'impose et devient à son tour emblématique de bien des grands films. Il devient héros populaire avec
A la Poursuite du diamant vert, mari sur les nerfs dans
La Guerre des Rose, rencontre des films qui font date comme
Liaison fatale, Basic Instinct ou
The Game. Ayant atteint une belle indépendance (malgré une ressemblance de plus en plus marquée avec son père au fil du temps), il se lâche et accepte des rôles où il peut exploiter sa nature anticonformiste (dans
Wonderboys et
King of California). Acteur et producteur accompli, il affiche une belle complicité avec son père. Sans jamais le renier, il a su échapper à son ombre imposante. Ce père et son fils sont d'une grande classe, chacun à leur manière.