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CINE : LES LARMES DE MADAME WANG

CINE : LES LARMES DE MADAME WANG

Tout sur LES LARMES DE MADAME WANG - La Critique - Le 2008-03-04 07:23:48


Mme Wang vit à Pékin d'expédients et de petits trafics dont les profits servent plus à éponger les dettes de jeu de son mari qu'à la faire vivre dignement. Or, un jour où rien ne semble devoir aller, son lot de DVD piratés lui est confisqué alors qu'elle peinait à l'écouler, sa voisine lui abandonne son bébé et son mari crève l'oeil d'une de ses canailles de partenaire qui l'insultait. Obligée de retourner dans sa commune d'origine et d'y gagner rapidement sa vie pour faire libérer son homme, elle va renouer avec un vieux compagnon, spécialisé dans la couronne mortuaire et ce sera à lui qu'elle devra l'idée de sa nouvelle activité : pleureuse professionnelle.

LES LARMES DE MADAME WANG
Un film de Liu Bingjian
Avec Liao Qin, Xingkun Wei, Jiayne Zhu
Durée : 1h30
Date de sortie : 12 mars 2008


Les Larmes de Madame Wang commence comme une comédie réaliste en mettant aux prises avec les autorités et la malchance, Madame Wang et son mari. Le second une fois incarcéré, cette dernière renvoyée qu'elle est dans sa campagne, va devoir travailler pour espérer lui obtenir une remise de peine - en un mot, corrompre pour qu'il sorte - et régler par la même les soins hospitaliers qu'il a causés en massacrant son camarade de Mah-Jong.

Mélange des genres et glissement progressif

La situation du film semble donc porter sur le drame social et montrer l'envers d'un miracle chinois par le truchement d'une destinée individuelle. Mais très vite, malgré des parenthèses moins sombres, le sort de Madame Wang ne va cesser d'empirer surajoutant à la peine et aux dettes, le soin de s'occuper d'un enfant qui n'est pas le sien. Une petite fille qui fut abandonnée par sa famille, expulsée et contrainte de partir faute de pouvoir payer les arriérés de loyers. Bien que dénuée malgré tout d'un pathos exacerbé, l'exagération scénaristique et dramatique semble consommée et l'on se demande rapidement où le film peut aller pour régler pareille intrigue, surtout lorsqu'elle est aussi désespérante.

La campagne et sa (re)découverte apporteront une substantielle et première réponse. En effet, alors que Beijing est filmée de manière vériste et non sophistiquée tout en privilégiant une monstration naturaliste empreinte toutefois de comédie, l'arrivée sur les terres de l'enfance et le retour dans la ville natale marquent un détour et un glissement évident dans le métrage. En terme de mise en scène, de tonalité et d'orientation du scénario.


Dès lors que la campagne est regagnée, l'image des Larmes de Madame Wang en se voulant plus esthétisante et visuellement construite dans nombre de ses compositions (le coït dans les couronnes mortuaires ; la route jusqu'à la prison...), évolue et le ton de son récit avec elle. La tragicomédie va alors primer notamment dans l'enchaînement des situations et cela à partir du moment où à l'invite de son amant adultère entrepreneur en pompes funèbres, elle s'orientera vers le métier de pleureuse, tout en mettant à mal le mariage de celui qui reste après tout le meilleur ami de son mari... On est dès lors plus loin de la comédie de moeurs que doublerait une tragédie burlesque sur fond de drame social estompé.

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