
INTERVIEW : STEPHANE ALLAGON (VENT MAUVAIS)
Tout sur VENT MAUVAIS - La Critique - Le 2008-03-12 10:40:48
Pour votre premier film, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs Stéphane Allagnon ?
Je suis architecte de formation mais j'ai toujours eu une grande passion pour le cinéma. J'avais ce besoin impératif de faire du cinéma et j'ai donc réalisé des courts-métrages, j'ai été sur des tournages en tant qu'assistant-réal, ingénieur du son, plein de petits boulots de cinéma, avant de m'attaquer à l'écriture et essayer de comprendre comment fonctionne un scénario. Je crois beaucoup à la recherche et au travail.
Quel regard portez-vous sur Vent mauvais avec le recul ?
Un regard surtout affectif car c'est quand même mon premier film. J'en ai rêvé pendant dix ans et j'ai finalement pu le faire, c'est une grande étape de ma vie.
On retrouve peut-être votre côté architecte dans votre étroite collaboration avec le chef décorateur du film...
Tout à fait. J'ai travaillé avec Philippe Chiffre, qui est un chef décorateur que j'aime énormément. Il m'a fait le cadeau de travailler sur mon premier film. Il faut se rendre compte que le métier de chef décorateur concerne tout ce qui est dans le champ de la caméra, c'est quelque chose de prodigieux. Il a pour fonction d'agencer et de coordonner tout ce qui se présente devant la caméra, donc il peut avoir son mot à dire sur le papier peint du fond comme sur le cendrier qui est au premier plan, ou même parfois indiquer à la costumière certains réglages. J'ai donc effectivement beaucoup travaillé avec Philippe Chiffre. Nous avions une réflexion sur les personnages qui tout en étant sur la touche, pas forcément attirants, se devaient d'évoluer dans un espace quand même harmonieux, modeste mais intéressant. Nous voulions donc ces teintes très spéciales, ce qui nous a amenés à repeindre à peu près tout ce qui se présentait.

La déco revêt une importance d'autant plus forte que c'est un film d'ambiance.
Exact, j'ai vraiment voulu faire un film d'ambiance. Il fallait donc tout cet aspect déco, image, le son du scope, j'ai travaillé avec Yves Cape qui est le chef op de Bruno Dumont car même si mon film n'a clairement pas le même univers que ceux de Dumont, je voulais cette profondeur, cette densité. C'était un pari de ne pas rentrer dans une famille de cinéma et de plutôt me servir à droite à gauche les trucs que j'aimais bien. Sachant qu'en plus j'ai fait ce film avec Gaumont qui m'a bien aidé. J'étais donc à cheval entre une production de type Gaumont et un cinéma plus indépendant.
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