
CINE : CHASSEURS DE DRAGONS
Tout sur CHASSEURS DE DRAGONS - galerie de photos - Le 2008-03-12 15:37:42CHASSEURS DE DRAGONS
Un film de Arthur Qwak, Guillaume Ivernel
Avec les voix de Vincent Lindon, Patrick Timsit, Marie Drion
Date de sortie : 26 mars 2008

A la base, Chasseurs de Dragons est une série animée dédiée exclusivement aux enfants désireux d'aventures dans des mondes imaginaires qui pour l'occasion suivent deux gaillards, un grand musclé, Lian-chu, dont la passion est de décimer du dragon (quand il n'a pas une culotte à tricoter) et le second, Gwizdo, plus attaché au profit qu'à une réelle volonté de vivre des aventures extraordinaires. Les deux sont accompagnés d'une créature poilue et bleutée, Hector, mixe improbable entre un cracheur de feu et un chien. Habitant dans une ferme, quelque part dans cet univers composé d'îles incroyables en lévitation, le principe de cette série de dessins animés était de faire vivre à nos héros une multitude d'aventures allant de la simple chasse à la bestiole à la rencontre incroyable avec des êtres non moins pittoresques... Pour la transposition sur grand écran, l'équipe d'origine se réunit au grand complet et décide d'offrir la toute première aventure de cet équipe de pieds nickelés, résolvant ainsi quelques interrogations laissées sans réponses mais surtout donnant à l'ensemble un second degré certes plus adulte mais aussi beaucoup plus grave que ce que l'on voulait bien y voir... Aussi, au travers de cette genèse, là où le spectateur enfant ne verra que des péripéties amusantes et des courses merveilleuses, l'adulte se prendra lui aussi au jeu, le voyage du trio, bientôt rejoint par la jeune Zoé, apparaît bientôt comme une quête spirituelle plus complexe que le simple fait de se découvrir écorcheur de monstres.
Car avant d'être les chevaliers réputés dans la découpe, nos trois héros sont plus des bouffons que des réels tueurs : guidé par Gwizdo, d'îlot en îlot, le trio tente d'arnaquer les bouseux dont les récoltes se voient massacrées par la présence d'un Mamular Baveur, sorte de limace gigantesque et gentiment carnassière. Même si les contrats sont généralement remplis, la fortune ne se présente guère, faute à des négociations plus que douteuses et surtout à une malchance que leurs efforts ne parviennent pas à faire tourner. Et à chaque arnaque ratée, leur rêve de voir un jour une petite ferme leur appartenir semble s'éloigner. Il faut dire que les deux n'ont pas fière allure entre le grand baraqué accro au tricot et le petit moche un eu trop grande gueule. Quant à Hector, leur animal de compagnie, c'est peut-être le seul réussissant réellement à impressionner les péquenots puisque le gentil molosse pisse littéralement du feu ! Mais un jour la route du groupe de loosers croise le chemin de la petite Zoé, une gamine dont le héros se nomme Chevalier Gothique et dont les aventures sont couramment contées et font littéralement craquer la jeune fille. Après avoir été sauvée par Lian-chu de l'attaque de créatures électriquement meurtrières, Zoé voit en eux de véritables chevaliers et décide de les présenter à son oncle, Arnold, un vieux chasseur dont les yeux se sont retournés dans leurs orbites suite à son unique confrontation contre l'ultime dragon, la plus terrifiante créature qui existe puisque sa seule présence annihile la vie, le temps et l'espace : bref l'incarnation du chaos absolu qui porte le joli surnom de Bouffe-monde ! Gwizdo, appâté par la forte récompense prévue contre la tête de la créature, met en place l'arnaque du siècle, sans se douter une seule seconde que son ami accepte car dans sa jeunesse, il a déjà rencontré l'horreur tant redoutée...

Vous l'aurez compris, par sa trame, Chasseurs de Dragons s'adresse au jeune public de cinq à treize ans : tout est fait pour le combler et lui offrir un divertissement ludique à mille lieues des programmes édulcorés habituels. Aventures bien bourrines, gags pas bêtes, héros sympathiques et écrits, le gamin n'a jamais l'impression d'être pris pour ce qu'il ne devrait pas être, à savoir une vache à lait. Les dragons ne sont pas des créatures gentilles ou que l'on peut vaincre en un coup : il est donc question de faire flipper le marmot pour lui rappeler les réels enjeux pour les personnages et lui souffler à l'oreille les raisons de cet héroïsme. De même, l'apparition de la petite Zoé, entraînant gags et rebondissements, sert surtout à développer un peu plus la psychologie des personnages et faire comprendre au jeune public les réelles implications de choix complexes et d'actes irréversibles. Aussi même si c'est sous couvert d'une situation humoristique, Gwizdo laissant la pauvre gamine en proie à une des créatures meurtrières (même s'il s'agit d'un dragon Rigolard) montre soudain par la réaction de la gamine que ce choix égoïste aurait pu être fatale pour elle. Et toujours dans cette optique de ne jamais prendre le gamin pour un con, la mort des personnages est soudain tout à fait probable et abordée frontalement avec une gravité surprenante... Et c'est sur ce point que Chasseurs de Dragons devient le film pour enfants le plus ambitieux et le plus réussi depuis maintenant un petit moment : il parvient en permanence à se renouveler au travers de lectures différentes et un traitement certes déconneur mais surtout infiniment sincère et sérieux. Et là où d'autres films d'animation récents tentaient sans jamais réellement réussir de concilier les deux publics (que ce soit le Beowulf de Zemeckis définitivement sexuellement et violemment adulte ou les Tortues Ninjas qui restait le cul entre deux chaises, hésitant entre la puérilité assumée ou une sombre maturité - Raphaëlo devenant un vigilante sans pitié pendant que l'un de ses frères lynche du guerillero en Amérique du sud), Chasseurs de Dragons y arrive sans vraiment se poser la question du réel public visé, cherchant juste à remplir sa tache de divertissement pas bête.











































