

Après plus de dix années d'assistanat, comment s'est opérée votre entrée dans le métier ?
Et bien au cours de ces douze années passées à monter chaque échelon de l'assistanat, c'est à dire tout d'abord troisième assistant, puis second assistant et enfin premier assistant ou assistant-réalisateur, j'avais fait le tour de la question. Il faut savoir qu'à cette époque ça marchait comme ça, ce n'est pas comme maintenant où certains réalisent un court ou un long métrage sans aucune expérience préalable. A l'époque vous étiez obligé de commencer tout en bas de l'échelle. De plus être assistant ça voulait dire savoir tout faire, gérer les plannings, les techniciens, préparer le matériel, etc. Au bout d'un moment j'en avais fait le tour et je me sentais prêt. J'étais pourtant bien payé, très bien même, mais le désir de réaliser mes propres films était plus fort. Certains restent assistant-réalisateur toute leur vie, pour ça il ne faut pas être frustré, ça peut être très dur à supporter. Moi je voulais prendre des risques. Après L'animal de Claude Zidi en 1977, j'ai passé un an à monter mon premier projet de court-métrage, Le chien de Monsieur Michel. J'en avais bavé puis j'ai passé une année sans rien faire alors j'ai refait un film en tant qu'assistant, mais ce fut celui de trop. Mon premier court-métrage c'était un peu faire mon chef d'oeuvre, au sens du campagnonage, c'est-à-dire une oeuvre réalisée par vos soins qui soit comme une synthèse de tout le savoir-faire acquis durant toutes ces années. Un aboutissement de l'apprentissage.
Qu'avez-vous appris des réalisateurs avec lesquels vous avez travaillé ? Certains ont-ils modifié profondément votre point de vue sur le métier ?
Chaque réalisateur m'a apporté quelque chose, je n'ai pas un exemple plus significatif qu'un autre. J'ai de grands souvenirs sur chacun des tournages auxquels j'ai participé.

Dans votre filmographie j'ai remarqué que vous aviez travaillé pour Jerry Lewis en 1972 pour The day the clown cried...
Oui, c'est un film que peu de gens connaissent. Jerry Lewis n'a pas réussi à le distribuer tout de suite, il a dû attendre quelques années je crois. Mais c'était un tournage très court, une dizaine de jours sur Paris. J'ai été impliqué sur ce projet par le chef-op du film que je connaissais. Jerry Lewis, c'est un véritable monstre de scène, il faisait son show à chaque instant, il ne s'arrêtait jamais. Là j'ai appris combien un réalisateur pouvait se mettre en scène.
![]() | ||
INTERVIEW EN DIRECT : JEAN-JACQUES BEINEIXLe cinéaste Jean-Jacques Beineix viendra sur le forum de DVDrama discuter en dir... | ||
![]() | ||
| ||







INTERVIEW EN DIRECT : JEAN-JACQUES BEINEIX







































