Pour peu que l'on aime les méga blockbusters vendus à grands renforts de stars et d'effets spéciaux,
Roland Emmerich est un réalisateur indispensable. Pas que la qualité de ses oeuvres soit exceptionnelle, mais sa constance dans ce besoin viscérale de tout détruire autour de lui via des catastrophes naturelles ou non force le respect. Mais autant les films du réalisateur sont une expérience visuelle détonante, autant le contenu scénaristique de ces métrages frôle quant à lui la beauferie la plus élémentaire. Petit tour d'horizon dans une filmographie emplie de testostérone, de grosses explosions teutonnes matinées de patriotisme ricain.
Moon 44 - Un peu classe
Premier film du réalisateur ayant attiré l'oeil des producteurs hollywoodiens,
Moon 44 a tout de la petite entreprise prometteuse pleine d'idées et respirant l'amour du genre (ou tout du moins de la série B). On y retrouve ainsi Michael Paré (
Philadelphia Experiment) dans le rôle d'un agent de police infiltré dans une station spatiale futuriste située sur la lune, face au gros méchant Malcolm McDowell (
Orange Mécanique,
Halloween) qui pose en contrebandier avide. Le film, monté avec 7 millions de Deutschemarks (3,5 millions d'euros), arrive à placer l'intrigue dans un univers, sinon réaliste (des hélicos dans l'espace !!), tout du moins homogène et met en scène des personnages pas si stéréotypés (Brian Thomson (
X-Files) joue les durs et viole Dean Devlin mais se rachète à la fin). Il en ressort finalement un métrage qui, même s'il reste perfectible, en est tout de même grandement sympathique.
Universal Soldier - Méga Classe
Attention, chef d'oeuvre ! On touche ici au sublime quand, avec ce premier long métrage américain, le réalisateur et son scénariste Dean Devlin mettent face à face deux mastodontes du film d'action des années 90, à savoir l'adorable Jean-Claude « sans air, les oiseaux tomberaient par terre » Van Damme et l'énervé Dolph « je vais te briser » Lundgren ! Entre concept abusé (on ressuscite des soldats tombés au Vietnam pour en faire des commandos officiellement non-officiels, car top secrets mais dépêchés dans toutes les situations de crise), scènes d'action boostées au méga-dopant, répliques cultes (« C'est moi qui fait la tambouille ! _ Elle est bonne... _Je veux qu'elle est bonne !») et autres situations cocasses (JCVD se baladant à poil dès que possible, Dolph qui se croit au Vietnam en plein supermarché...). Et tout se termine évidemment en grosse baston la nuit, sous la pluie, avec des petits vieux en otage et du dépeçage live de cadavres encore vivant. Bon bien sûr, après faut aimer le genre.