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FORBIDDEN ZONE : UN UNIVERS DINGUE SIGNE RICHARD ELFMAN

FORBIDDEN ZONE : UN UNIVERS DINGUE SIGNE RICHARD ELFMAN

Tout sur FORBIDDEN ZONE - Le 2008-03-13 09:29:23


Au départ, Richard Elfman a filmé en 16mm une dizaine de numéros musicaux pastichant le jazz ou la culture juive. Ces numéros étaient interprétés par la troupe et il les a regroupés sous le titre The Hercules Family. Au fil du travail, il a décidé de réaliser un long en 35 dont la structure s'apparenterait à une succession approximative mais cohérente de sketches musicaux mis les uns à la suite des autres, basées sur les concepts des courts. Petit à petit, une histoire a pris forme. Celle d'une famille barrée qui emménage dans une maison dont la cave possède une entrée vers la cinquième dimension (baptisée par les personnages «zone interdite»). La fille bimbo qui revient à peine de ses études en France (Marie-Pascale Elfman, régal de personnage Arielle-Dombasldien) profite de l'occasion pour la visiter et rencontrer tout un univers loufoque et festif régi par le roi Fausto (un nain) et la reine Doris (une névrosée autoritaire). Le résultat donne Forbidden Zone, disponible en zone 2 chez Le chat qui fume, et c'est Elfman lui-même qui en parle le mieux.

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LE MAGIC CIRCUS
"A l'âge de vingt ans, je vivais à Berkeley en Californie. Un après-midi, je suis allé au cinéma du coin pour voir Les Enfants du paradis. Une fois sorti de la salle, je suis immédiatement retourné voir ce film de trois heures. Quelque chose dans le chef-d'oeuvre de Marcel Carné qui évolue dans le monde théâtral français coloré du passé a agi comme un catalyseur dans mon esprit. Plusieurs mois plus tard, le hasard m'a amené à Toronto où se tenait le Festival du Théâtre Nouveau. Le Grand Magic Circus se produisait dans la rue pour promouvoir leur participation au Festival et je pouvais aisément les visualiser devant le Théâtre des Funambules. Il leur fallait un percussionniste pour leur performance et comme par hasard et j'étais un percussionniste Afro-Américain professionnel. Tout en oeuvrant en tant que musicien, j'ai persuadé le directeur, Jérôme Savary, de me laisser faire un numéro complètement fou de pantomime déguisé en femme sur la Gnossienne #1 d'Eric Satie. Le numéro fut un succès et je suis retourné en Californie après. Quelques temps plus tard, j'ai reçu une lettre de Jérôme Savary me disant qu'il avait reçu un financement conséquent pour leur prochaine production à Paris Cité Université. Est-ce que j'avais envie de les rejoindre en tant que membre permanent? Je ne savais pas qui m'attirait le plus - Baptiste ou Frédéric Lemaître! Jérôme Savary est l'une des personnes les plus fascinantes que j'ai jamais rencontrées. Charmant, brillant, parfois un vrai filou - il a réussi à mélanger toutes sortes d'éléments théâtraux traditionnels pour y ajouter une bonne dose d'absurdité et une pincée de cirque afin de créer une vision totalement originale."

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DANNY ELFMAN DANS LA FRENCH ZONE
"Les performances du Magic Circus à la Cité Universitaire ont rencontré un franc succès - je crois que l'on a joué devant une salle complète de huit cent personnes pendant six mois avant de tourner en France et le reste de l'Europe. Puis, on est revenu à la Cité Universitaire pour rejouer pendant six mois. Bien que Marie-Pascale et moi avions un appartement dans le cinquième arrondissement, on travaillait tellement que je n'ai pas eu le temps de visiter les musées et les grandes galeries de Paris avant plusieurs années. Je me souviens d'une soirée en particulier où on jouait devant une salle complète et Jérôme Savary avait bu avant de monter sur scène. Soudain, en plein milieu du numéro, Jérôme est sorti de scène en courant. Nous sommes restés figés pendant un petit moment, incapable de continuer le numéro sans l'acteur principal. J'ai donc improvisé en attrapant mes percus Conga et mon frère Danny (vous ai-je dit que son premier travail fut pour le Magic Circus?) et à nous deux, on a diverti un public ravi le temps que Jérôme revienne sur scène quelques minutes plus tard, après avoir vomi dans l'entrée du théâtre. Jérôme aimait à improviser pendant certaines chansons. Notre violoniste, musicien à l'Opéra de Paris, avait un son merveilleux sur son instrument mais ne pouvait jouer que les notes exactes écrites sur sa partition. Mon petit frère Danny venait de finir sa scolarité et nous a rejoints Marie et moi à Paris. Danny a une éducation musicale peu commune dans le sens où il n'en a pas eu. En grandissant, il n'a jamais eu d'instruments ni pris de leçons, il ne s'y intéressait pas spécialement, ne s'achetait pas de disques, ne jouait pas dans des groupes, n'allait pas dans des concerts... rien de tout ça. On lui a offert une guitare pour ses seize ans. Un mois plus tard, il pouvait rejouer toutes les notes d'un solo de Django Reinhardt. On lui a acheté un violon et un mois plus tard, il suivait à la note près l'accompagnement musical de Stepan Grapelli (notre violoniste). Il n'était pas au même niveau tonal de Stepan mais le rythme était parfait et ça sonnait vraiment bien. Et comme Danny avait un don inné pour l'improvisation immédiate, il a donc eu une place de violoniste avec le Magic Circus. Danny et moi ouvrions la soirée avec moi aux percussions et lui au violon électrique et c'était sa toute première composition musicale (je crois que mon frère est un bon cas d'étude pour la réincarnation mais je dévie du sujet).

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