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CINE : PASSE-PASSE

CINE : PASSE-PASSE

Tout sur PASSE-PASSE - La Critique - Photos - Le 2008-03-17 10:42:35


Une sortie d'autoroute manquée et voilà Darry Marzouki, prestidigitateur au chômage, croisant la route d'Irène Montier Duval, une belle bourgeoise, le sac Hermès rempli de billets de banque. Par amour, elle a servi d'intermédiaire dans une vente d'armes entre un ministre français et la Corée. L'affaire s'est ébruitée. Le ministre veut lui faire porter le chapeau. En fuite, elle propose à Darry de le payer pour qu'il la conduise à Genève dans sa belle BMW. Le hic, c'est que la BMW n'est pas à Darry. Il l'a volée sur un coup de tête à son beau-frère, petite frappe un tantinet irritable, qui promet de l'étriper s'il ne la rend pas. Ne pouvant accepter la proposition d'Irène, Darry s'invente une identité d'altermondialiste se rendant à Barcelone pour un sommet. Irène, qui rêve de changer d'air, se prend au jeu. Ils ont peu en commun. Ils passeront trois jours ensemble. Trois jours inoubliables... A leurs trousses, des Coréens, la DST, un ministre et le beau frère... Au bout du chemin, l'amour pour l'un, la liberté pour l'autre.

PASSE-PASSE
Un film de Tonie Marshall
Avec Nathalie Baye, Edouard Baer, Bruno Salomone
Durée : 1h33
Date de sortie : 16 avril 2008

passe-passe

On ne l'attendait pas, on y a quand même droit : enfin une bonne comédie "à la française", comme on n'en fait (hélas) plus depuis des années. Le temps des Oury, des Zidi et autres Lautner étant révolu, il fallait bien que la relève débarque un jour ou l'autre. Et contre toute attente, ce sont les femmes qui prennent la place restée vacante. Ainsi, après Alexandra Leclère et son excellent Prix à payer sorti il y a un an, voici Tonie Marshall. Son Vénus beauté et sa France boutique ne nous avaient déjà pas laissé indifférent, mais Passe-Passe prend une toute autre direction. Et l'on ne s'en plaindra pas. En effet, elle s'attaque ici au road movie et crée un duo inattendu, mais non dénué de charme : Edouard Baer et la charmante Nathalie Baye. L'association est parfaite et fonctionne à plein régime. Baer continue de jouer les rêveurs romantiques, et Baye les agitées excentriques. Cette dernière est d'ailleurs de plus en plus extraordinaire dans le registre de la comédie, et l'on comprend pourquoi elle les enchaîne depuis quelques années. Ajoutez à cela des seconds rôles interprétés par de jeunes talents (Mélanie Bernier) et des talents confirmés depuis longtemps, comme Maurice Bénichou ou bien encore Guy Marchand, toujours aussi impeccable (mais pourquoi ne fait-on pas plus appel à lui ?!), et vous obtenez alors l'une des affiches les plus réussies du moment.

L'un des défauts de la comédie française actuelle est de reposer essentiellement le film sur le dos de ses comédiens. Marshall réussit à éviter cette erreur, et offre à ses personnages une histoire totalement délirante, mais parfaitement bien structurée et dialoguée. Certes, on pourra toujours lui reprocher cette folie parfois incroyable et un manque de profondeur envers certaines idées (ainsi, on aurait aimé en savoir un peu plus sur ces fameuses magouilles politiques, entre autres), mais dans le fond, là n'est pas le propos. L'histoire est un prétexte pour réunir deux êtres que tout oppose et les amener à évoluer.

passe-passe

Le film de Marshall évite également tous les clichés du genre et apporte, au contraire, sa graine à l'édifice. Ainsi, son duo se compose d'un homme et d'une femme, ce qui était, jusqu'à présent, plutôt rare. Il n'y a pas un meneur et un "boulet"; les deux personnages avancent ensemble et finalement, dès leur rencontre, on comprend que l'un ne pourra pas s'en sortir sans l'autre, et réciproquement. Chacun représente une échappatoire dans l'existence de l'autre. Le film, aussi comique soit-il, n'est pas non plus avare en émotion. Comment résister à ce personnage, joué par Mélanie Bernier, atteint d'une maladie psychologique des plus surprenantes. Ainsi, lorsqu'elle ressent une grande émotion envers quelqu'un, une force intérieure l'oblige à débiter une série d'insultes dans la seconde qui suit. C'est ce qui se produit au moment où Baer lui fait une adorable déclaration, en évoquant les projets d'avenir qu'il envisage avec elle. Cela n'empêche pas ce dernier de rester impassible devant son incontrôlable vulgarité, et connaissant le "mal" qui la ronge, il lui répond un moi aussi je t'aime d'une incroyable tendresse.

Voilà donc, pour ouvrir le printemps, une comédie fraîche et légère, drôle et tendre, qui vous amusera et vous touchera, pour peu que vous aimiez le vrai cinéma de divertissement.
Personnellement, j'en redemande !

Gilles Botineau

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