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CINE : HEROS DE GUERRE

CINE : HEROS DE GUERRE

Tout sur HEROS DE GUERRE - La Critique - Le 2008-03-18 06:12:40


Auréolé du prix Action Asia au 10ème festival du cinéma asiatique de Deauville présidé par Jan Kounen, la superproduction chinoise Héros de guerre a littéralement écrasé tous ses concurrents, dont Miike et son Crows Zero. Le jury du festival ne s'est pas trompé sur les très nombreuses qualités que renferme Héros de guerre : c'est une oeuvre loin du blockbuster stéréotypé sans âme et vide de sens comme il en fleurit si généreusement outre Atlantique et en Europe. Héros de guerre prouve bien qu'on peut se doter d'un budget conséquent sans pourtant oublier le spectateur, lui offrant une oeuvre sincère et humaniste, un véritable choc, poignant et viscéral, aux accents historiques.

HEROS DE GUERRE
Un film de Burt Topper
Tony Russel, Baynes Barron, Judy Dan, Wally Campo, Burt Topper, Paul Sheriff, Tony Rich, Russ Prescott, Audie Murphy, Robert Howard, J.J. Dahner, Kei Tin Chung, Bobby Byles, Michael Bell
Durée : 1h20

heros de guerre

Son réalisateur Feng Xiaogang nous plonge dans l'enfer de la guerre lors de la campagne de Huaihai en 1948. On va suivre une compagnie constituée d'une quarantaine de soldats dirigés de main de maître par le capitaine Guzidi. Celui-ci est incarné par le méconnu Hanyu Zhang, totalement habité par son personnage, qui va jusqu'à transcender l'habituelle figure emblématique du héros de guerre. Tout comme les hommes qu'il a sous sa responsabilitée, il est prêt à donner sa vie pour défendre sa nation et les idéaux auxquels il croit. Ainsi, pendant cette guerre chinoise, il va être amené à défendre une position stratégique : la rive sud de la rivière Wen. Obéissant aveuglément aux ordres de ses supérieurs, il doit repousser les assauts ennemis jusqu'à ce que le clairon sonne le ralliement.

Or, jamais il n'entendra le claironnement salvateur, comme si celui-ci s'était perdu sur le champ de bataille, comme s'il avait oublié la compagnie du capitaine Guzidi, les livrant à une mort certaine. Des 47 hommes, seul le capitaine réchappa au carnage. Mais, au lieu d'être félicité pour son courage, sa bravoure et sa loyautée envers son pays, les suspicions de ses supérieurs hiérarchiques vont aller bon train sur sa miraculeuse survie. On lui fait bien comprendre qu'il aurait mieux fallu qu'il perde la vie sur le champ de bataille. Une situation dramatique pour un homme qui a vu tombé un à un ses frères d'armes pour une nation qui remet en cause son indéfectible loyauté envers son pays.

heros de guerre

Après avoir survécu à l'enfer du devoir, il va repartir au combat contre le nouvel opposant (le couple Corée du Sud et États-Unis) ce qui contribue à renforcer ses convictions sur ses grandes qualités de soldat. Il survit à la guerre, récompensé par l'honneur et le respect qu'il suscite auprès des nouveaux soldats venus combattre à ses côtés. Mais il va mener de front un tout autre combat, bien plus symbolique, après la fin des conflits armés : il n'aura de cesse de vouloir réhabiliter la mémoire de sa compagnie ainsi que celle de chacun de ses soldats. Il va ainsi être amené à reconsidérer son obéissance et sa confiance aveugle envers les autorités militaires qu'il a défendues au péril de sa vie, cherchant à mettre les autorités chinoises de Mao face à leur devoir de mémoire. L'indifférence abjecte à laquelle il assiste en temps de paix l'écoeure. C'est toute un pays et sa population qui se reconstruit dans l'ignorance des charniers de soldats ayant perdu leurs vies pour eux. Les morts aux combats sont si nombreux qu'il n'est pas nécessaire, aux yeux des autorités, de retrouver toutes les dépouilles ; cela invite le spectateur à considérer une variante peu habituelle du devoir de mémoire pris dans un contexte de lendemain de guerre. La nature reprend ses droits et recouvre les champs de bataille d'une verdure luxuriante. Un lieu où les balles fusaient, déchiquetant les malheureux soldats, charriant avec elle cette vision d'horreur de corps qui ne ressemblent plus à rien d'autre qu'à des sacs de viande éclater et sanguinolente, poussant un dernier râle. Les casques qui protégeaient les vaillants soldats des balles sont traînés littéralement dans la fange et les excréments, servant de pots de chambre à une population qui n'a pas conscience qu'elle défèque sur un des principaux symboles des soldats morts au combat. Une image à la puissance évocatrice rare, trouvant des échos singuliers dans d'autres films occidentaux.

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