Certains acteurs ont la chance de marquer à jamais l'Histoire du cinéma. Par un rôle, un personnage fort, qui les suivra tout au long de leur carrière. Mais la véritable force de ces interprètes est justement de parvenir à s'en libérer par la suite. C'est précisément ce que
Sigourney Weaver a réussi avec l'inoubliable Ripley de la saga
Alien. C'est là la marque d'une grande actrice, comme le prouve ce classe/pas classe revenant sur quelques grands moments de sa filmographie.
ANNIE HALL, Woody Allen (1977). Très classe (pour un début).
Un des films les plus célèbres et réussis du cinéaste New-Yorkais. Quel rapport avec
Sigourney Weaver ? Elle y apparaît pour la première fois au cinéma, dans un tout petit rôle décrit comme « la petite amie de Alvy au cinéma ». Certes, ce n'est pas très notable dans un film où
Diane Keaton et
Woody Allen se donnent la réplique, mais comme premiers pas, c'est assez remarquable.
ALIEN, Ridley Scott (1979). Classe de chez classe.
Comment décrire en quelques lignes un chef d'oeuvre comme celui-là ? Réalisé par un
Ridley Scott alors jeune cinéaste, cette histoire d'un équipage confronté à une forme extra-terrestre aussi intelligente que cruelle a marqué les esprits et continue de faire parler les cinéphiles. De son slogan culte et souvent repris ( « Dans l'espace, personne ne vous entend crier » ) au design de la créature en passant par les 3 suites qui ont rapporté pas mal d'argent, le film de
Rildey Scott fait partie des plus grands films de science-fiction. Détournant les règles du genre (un vaisseau vieux et poussiéreux, une héroïne), le cinéaste joue à merveille du hors-champ et exploite effroyablement bien un décor hallucinant tout en jonglant avec savoir-faire entre silences et effets sonores terrifiants. A l'origine écrit pour un homme, le personnage du lieutenant Ellen Ripley revient à
Sigourney Weaver, impressionnante dans le rôle de cette femme qui prend peu à peu les commandes de l'histoire alors que le reste de l'équipage perd les pédales et/ou meurt. Sans s'en rendre compte,
Ridley Scott et
Sigourney Weaver ont créé un personnage qui, en plus de devenir l'héroïne d'une série de films, restera comme LA femme forte, l'héroïne de film d'action par excellence, parfait mélange de force, d'intelligence et d'humanité qui inspirera nombre de cinéastes.
ALIENS, James Cameron (1986). Hyper classe.
Après l'énorme succès de
Alien,
Sigourney Weaver reprend le rôle de Ripley dans cette suite qui aurait difficilement pu être plus différente du premier volet. Reconnaissant humblement que
Ridley Scott a fait un travail incroyable,
James Cameron décide de faire un film de guerre dans l'espace, lâchant Ripley et une équipe de Marines armés jusqu'aux dents sur une planète (en réalité, LA planète) où ont élu domicile beaucoup, beaucoup d'aliens. Rapidement, on réalise à quel point la légère nuance du titre est juste. Si Scott jouait beaucoup sur l'attente et la surprise, Cameron prend un malin plaisir à confronter ses personnages à une horde d'ennemis encore plus violents et vicieux, montrant les créatures frontalement et sous des angles très divers. Maîtrisant à merveille son récit qui alterne habilement action déchaînée et moments plus calmes, il fait de son héroïne une mère protectrice qui, à l'image de la Reine des Aliens, est prête à tout pour protéger son enfant adoptif. Un parallèle fascinant qui donne une idée de la richesse du film. Le spectateur est emporté dans ces montagnes russes jusqu'à la dernière scène, jusqu'au dernier moment, les mains moites et les yeux écarquillés.
Sigourney Weaver est de nouveau magistrale, et fait évoluer d'une manière passionnante son personnage, décrochant au passage une nomination aux Oscars (pour ce genre de film, c'est assez remarquable).