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APICHATPONG WEERASETHAKUL, MADE IN THAÏLANDE

APICHATPONG WEERASETHAKUL, MADE IN THAÏLANDE

Tout sur L'ETAT DU MONDE - Photos - Le 2008-03-18 06:14:46


Parce que le cinéma asiatique est de ceux qui comptent à l'heure actuelle, Excessif a décidé de proposer chaque semaine à ses lecteurs, un portrait d'un réalisateur qui importe de l'autre côté du globe. Ainsi après la sortie de l'Etat du Monde et de Syndromes and a century l'an passé, l'opportunité nous est laissée de revenir sur la trajectoire d'un créateur atypique et forcément attachant : le thaïlandais Apichatpong Weerasethakul.

Joe, l'architecte devenu artiste et cinéaste Thaïlandais

Si vous voulez vous faire remarquer et toiser l'assemblée lorsque vous l'évoquez, entraînez vous à prononcer rapidement son nom. Autrement, appelez le simplement « Joe » comme il l'a toujours demandé. En effet, au fur et à mesure que ses films nous parviennent et séduisent, le nom ce cinéaste semble être sur toutes les lèvres. Et pourtant la simplicité ne cesse de l'habiter, malgré un patronyme d'autant plus délicat à énoncer à mesure qu'on le médiatise chaque jour davantage.


Né le 16 Juillet 1970 à Bangkok, Apichatpong Weerasethakul a vécu la majeure partie de son enfance dans la petite province de Khon Kaen, située au nord-est de la Thaïlande. Fils de médecins oeuvrant dans l'hôpital local, le futur cinéaste passe donc son temps principalement dans l'enceinte de cet univers si particulier, univers sur lesquels reviendront Syndromes and a Century et Blissfully Yours.

Bien loin de la ruralité et des modes de vie traditionnelle qui respectent encore les us et coutumes des siècles passés, le jeune homme se construit alors en se confrontant tantôt au passéisme de son environnement extérieur, tantôt au modernisme qui fonde l'existence même de ses parents. Jusqu'à sa rencontre décisive avec le cinéma et l'empreinte indélébile qu'il laissera en lui. C'est ainsi qu'à l'instar d'autres grandes figures du cinéma asiatique comme Mizoguchi ou Ozu, le prolifique réalisateur de Boys at noon va être fabuleusement impressionné au point de savoir déjà ce qu'il voudra faire de sa vie : du cinéma.

Cependant, en dépit de son attrait pour la cinématographie locale et sous la pression parentale, son envie d'images va tout d'abord le mener à des études nettement plus pratiques et appliquées. Pour l'heure en effet, il ne sera question que d'architecture malgré Bullet, sa première incartade filmique dans laquelle il se livre à une exploration du silence par la lumière. Ce ne sera donc qu'une fois diplômé de l'Université régionale de Khon Kaen, en 1994, qu'il pourra finalement laisser s'exprimer ses envies. S'expatriant alors après s'être déjà adonné à l'art du filmage via quelques courts-métrages, Apichatpong Weerasethakul rejoindra L'Institut des Arts de Chicago, lieu reconnu pour son enseignement de la légendaire ville des vents. Il en sortira diplômé d'un Master of Fine Arts cependant au lieu d'être tenté par l'Amérique, sa volonté première sera de revenir au plus vite exercer dans son pays, son talent, entre performance, installations numériques et pratique cinématographique.


Fort de cette expérience, assuré de ses envies et aguerri par une maîtrise plus grande des techniques, l'esthète en devenir va ainsi s'imposer progressivement chez les siens. Gagnant en respectabilité, en audace et en moyens, le trentenaire thaïlandais va tout d'abord constituer avec d'autres réalisateurs locaux une société de production indépendante, The Kick Machine, notamment organisatrice du Bangkok Experimental Film Festival, cela afin d'échapper à la main mise des studios thaï et créer des structures qui permettent d'oeuvrer librement. C'est ainsi qu'il va poursuivre dans l'indépendance, son expérimentation des formes par le court-métrage. Il en tournera en effet plus d'une dizaine entre 1993 et 2000, date à laquelle il va se révéler au plus grand nombre par un film aussi documentaire qu'expérimental, A Mysterious Object at noon. Ainsi, comme un signe d'une modernité fondatrice, changeons-nous de millénaire à l'heure où nous parvient son premier long-métrage. A l'instar de Windows, ce métrage intéresse d'autant plus qu'il est son premier travail reconnu à l'étranger puisque ce récit d'un périple au travers de la Thaïlande, va le mener de festival en festival, de Rotterdam jusqu'à Nyon.

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