
CINE : LES RANDONNEURS A SAINT-TROPEZ
Tout sur LES RANDONNEURS A SAINT-TROPEZ - La Critique - Photos - Le 2008-03-19 14:03:44LES RANDONNEURS A SAINT-TROPEZ
Un film de Philippe Harel
Avec Vincent Elbaz, Benoît Poelvoorde, Géraldine Pailhas, Karin Viard, Philippe Harel
Date de sortie : 09 avril 2008

L'affaire commence plutôt bien et on a plaisir à retrouver ces comédiens qui ont accompli chacun depuis un joli bonhomme de chemin. Reste que passées les scènes d'exposition, une fois le décor planté, la mécanique tourne à vide. Les randonneurs n'en ont plus que le nom, puisqu'ils passent désormais les vacances les plus conventionnelles qui soient, et les clichés se ramassent à la pelle. On en vient à regretter que Louis de Funès et ses acolytes ne surgissent pas de derrière un bosquet pour donner un peu de vie à cette carte postale ringarde. Pour tout dire, cette comédie sinistre nous renvoie une image piteuse de ce qu'on n'ose appeler le Français moyen, mais qui n'a de toutes façons pas la moindre chance de s'exporter, ce qui est plutôt rassurant pour notre image de marque à l'étranger déjà dégradée. Dans Les randonneurs à Saint-Tropez, chacun fait son numéro dans son coin, mais personne ne semble aux commandes de ce bateau ivre.
L'erreur rédhibitoire du film réside dans le manque de confiance qu'il accorde à ses interprètes qu'on sent bridés par un scénario paresseux et conformiste. C'est un peu le programme minimum. Non pas que ce soit une mauvaise idée de donner une suite à un film populaire dix ans après, Patrice Leconte en sait quelque chose qui a compris que le public avait envie de voir vieillir les Bronzés en même temps que lui, même si la charge était parfois un peu forcée. L'intérêt de retrouver des personnages réside en effet essentiellement dans l'évolution que leur a fait subir la vie. Or, ici, même si Karin Viard est mariée avec un ectoplasme qui lui donne envie de se prendre pour madame Bovary, que Géraldine Pailhas semble miraculeusement préservée des atteintes de l'âge. Quant à Philippe Harel et Vincent Elbaz s'entendent toujours aussi mal mais continuent inexplicablement à vivre et à travailler ensemble, en perpétuant leur duo éculé du ronchon et du branleur.

Auteur gagné aujourd'hui par le succès, Eric Assous a visiblement traité cette affaire mercantile par-dessus la jambe, sans se préoccuper le moins du monde d'entourer ses protagonistes de la plus élémentaire vraisemblance psychologique. La comédie a certes le droit d'outrepasser certaines licences, mais il y a tout de même des limites.
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