
PETITS HEROS
Un film de Itai Lev
Avec Anastasia Safonov, Alon Lysy, Daniel Damidov, Nir Zwickel
Durée : 1h16
Date de sortie : 26 Mars 2008

De retour d'une sortie organisée par son association de quartier, la jeune Alicia, immigrée russe dotée d'une perception suraiguë, ressent qu'un drame se déroule près du lieu de l'excursion. Ignorée pas ses surveillantes qui ont visiblement autre chose à faire, Alicia décidera de partir aider le couple en danger, accompagnée de son frère autiste et d'un de ses camarades, ayant pour sa part un besoin de reconnaissance affirmé. C'est pour eux une véritable aventure qui débute.
Alicia est une (très) jeune immigrée russe qui peine à se faire des amis dans sa localité et doit s'occuper de son grand frère handicapé tandis que son père travaille à des horaires impossibles afin de leur payer un toit. Parallèlement, Erez est un jeune sportif mal vu de certains de ses camarades qui pensent que les juges l'ont favorisé lors de la récente compétition de judo, son père étant décédé à l'armée pendant le tournoi. Chahuté, il cherche un moyen de prouver aux autres, mais surtout à lui-même, ce qu'il vaut et qu'il n'est pas seulement un enfant dont les adultes ont pitié. Le film aborde ainsi à travers ses personnages, des thèmes forts (l'immigration, l'intégration, les conséquences du terrorisme) tout en donnant une peinture sensible d'une banlieue israélienne (de la petite ville et ses structures sociales (école, police de proximité, habitations...) aux kibboutzim et à la campagne finalement proche), et le fait avec des yeux d'enfants, sans condescendance.

Un point de vue bienvenu qui permet d'apprécier d'autant plus cette quête basée sur la foi (les trois amis, bientôt rejoints par un quatrième, partent à la recherche de blessés sur la seule parole d'une petite fille qui « ressent » la catastrophe), une foi qui donne parfois au récit des airs de contes de fée initiatiques, mais qui porte également en elle un espoir enfantin salvateur et nécessaire, loin des préoccupations adultes souvent plombées par un réalisme désabusé. Bien évidemment, l'aventure se terminera bien et se pose comme une histoire agréable et tout public (il n'est fait aucun doute des capacités de la jeune fille alors qu'on vit parallèlement l'aventure et l'accident qui sonne comme un compte à rebours, créant une certaine tension dramatique). Seul bémol, le scénario ira jusqu'à donner à ses protagonistes des réactions qui pourront sembler surréalistes pour des enfants : Erez finira par exemple par avoir des réactions d'adulte mûr que de nombreux quinquagénaires n'auront jamais (dépasser son trauma et respecter ses adversaires qui grandiront eux aussi pour le coup, impressionnés par cette attitude magnanime). Mais ces réactions sublimées provoquent un tel impact et portent un tel potentiel constructif pour le jeune spectateur qu'on ne s'en priverait pour rien au monde. Servi par une réalisation juste et des interprètes doués pour la plupart, Petits Héros reste cependant dans le giron permissif des films pour enfants, mais porte en lui une puissante énergie et un message sain qui prouve encore une fois que, dans ce domaine, un court et bon film vaut mieux qu'un long discours.
David Brami
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