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CINE : LES SEPT VIERGES

CINE : LES SEPT VIERGES

Tout sur LES SEPT VIERGES - La Critique - Photos - Le 2008-03-20 05:10:49


Réalisé en 2005 et primé dans plusieurs festivals internationaux, Les Sept Vierges débarque enfin en France... Cet instant de vie, chronométré par un décompte singulier, trace les 48 heures de permission d'un jeune délinquant libéré à l'occasion du mariage de son frère. Brut, poétique, libérateur et émouvant, ce petit film espagnol joue sur différents tableaux tout en construisant une très belle histoire d'amitié autour de deux adolescents sur la voie de l'âge adulte. Malgré les quelques maladresses d'un scénario se finissant en queue de poisson, on est remué par tant de naturel et de tendresse dans un univers aussi brutal. Une jolie leçon sur la vie et la fraternité...

LES SEPT VIERGES
Un film de Alberto Rodriguez
Avec Juan José Ballesta, Jesus Carroza, Vicente Romero
Durée : 1h26
Date de sortie : 02 Avril 2008

les sept vierges

C'est le printemps dans un faubourg ouvrier du sud de l'Espagne. Tano, un adolescent pensionnaire d¹un centre de redressement, est libéré quarante-huit heures pour assister au mariage de son frère. Accompagné de son meilleur ami Richi, le jeune homme décide de profiter de ces deux jours pour transgresser les limites, outrepasser les interdits. Alcool, drogues, vols, sexe et virées entre amis sont au programme. Tano jouit de cette liberté soudaine avec force et excès. A la fin de ces deux jours, il assiste à l'effondrement de ce qu'il tenait pour acquis : voisins, amis, famille,¬ tout bascule soudainement. Au cours de ces quarante-huit heures, Tano va vivre un authentique voyage initiatique.

La fin de l'adolescence reste certainement l'un des grands thèmes du cinéma mondial. Tout ou presque a été fait sur cet âge ingrat prenant fin lors d'un traumatisme, d'un amour passionnel ou d'une aventure extraordinaire. Mais on trouve dans cette période de la vie assez de ressources, d'éléments dramatiques, de solitude ou de béatitude pour nourrir indéfiniment les scénaristes du petit monde cinématographique (non, GVS n'est pas le seul réalisateur à évoquer la puberté avec esprit). Ainsi, Les Sept Vierges prend pour héros le jeune Tano, petite frappe qui profite de la vie 48 heures durant, le temps d'une courte permission, et son meilleur ami Richi, dont la liberté ne lui permet pas toujours d'apprécier le temps, les amis, la chaleur... la vie simplement. En cherchant l'équilibre entre ardeur de jeunesse et sagesse adulte, le film construit une harmonie complexe symbolisée par ces deux personnages qui s'opposent mais qui s'unissent dans cette rage partagée d'exister.

les sept vierges

D'un naturel bouleversant, le comédien principal porte ainsi le métrage sur ses épaules et nous permet de comprendre, par un regard, un baiser, une étreinte ou une accolade que le bonheur ne vaut d'être vécu que si l'on peut le partager et le vivre avec ceux que l'on aime. L'emprisonnement de Tano lui permet d'apprécier le moindre contact, de prolonger les caresses au « risque d'être vu » et de se mettre en tête que sa libération n'a qu'un but : vivre à nouveau. Les deux jours où il se confronte à sa vie passée lui font réaliser la vacuité de celle-ci mais également de l'amour qu'il porte pour cette même frivolité et le superflu du quotidien. Il retrouve sa petite amie, son meilleur ami, ses petites habitudes de pickpocket, sa boîte de nuit, sa grand-mère et tout ce petit monde se remet à tourner au ralenti jusqu'au mariage, l'échéance de ces 48 heures... Dans cette floppée de petits éléments, on se rappelera de l'émouvante copine, lassée d'attendre son prisonnier, de la grand-mère qui ne sait rien de la situation délicate de son petit-fils ou du frère, pour qui le mariage représente une prison morale bien plus étouffante que le milieu carcéral...

Cette peinture sociale et humaine démontre une fois de plus la bonne santé du cinéma espagnol et témoigne avec talent de la vitalité d'un cinéaste qui parvient à insuffler à son oeuvre une dimension philosophique passionante sans jamais sombrer dans une pensée accomodante. Alberto Rodriguez filme l'adolescence sans complaisance ni insistance stylistique et tout en connaissant les limites de son scénario, reste d'une habileté déconcertante. De la première à la dernière seconde...

Kevin Dutot

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