

KILL BILL VOLUME 2
C'est à l'amour du générique que l'on reconnaît un cinéphile. De ces deux ou trois malades qui, lorsque le troupeau rassasié déserte la salle obscure au premiers éclats de lumière, s'accrochent encore au film, histoire d'en prolonger l'expérience. Il s'agit toujours d'un adieu. C'est émouvant un générique de fin, c'est un film qui se transforme en souvenir, un chant du cygne. Tarantino, en cinéphage qui se respecte, a conclu son somptueux diptyque par un beau final. En fait il y a trois ou quatre génériques de fin. Une évocation des personnages des deux volets défile d'abord devant vous comme une ultime piqûre de rappel. Puis on a Uma Thurman, mariée à la vengeance consommée, au volant de sa décapotable en noir et blanc, sur fond de « Good night moon » de Shivaree, avec ce clin d'oeil ultime face caméra qui vous ferait presque verser une larme en murmurant « merci » à Q et U. Il y a enfin ce générique avec cette merveilleuse chanson japonaise, classieux et en noir et blanc, qu'au bout d'un moment vous fredonnez dans un yaourt orientalisant, la voix tremblante d'émotion. Puis un générique plus classique défile. Et vous vous sentez si éperdu de reconnaissance devant ce chef d'oeuvre que vous restez jusqu'à la dernière minute, parce que bon dieu que c'était bon...

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