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LE COIN DU CINEPHILE EROTIQUE : BEHIND THE GREEN DOOR

LE COIN DU CINEPHILE EROTIQUE : BEHIND THE GREEN DOOR

Tout sur BEHIND THE GREEN DOOR - Le 2008-03-25 06:16:03


Réalisé en 1971, Derrière la porte verte (Behind the green door), des frères Mitchell, appartient à ces rares films pornographiques ayant réussi à dépasser le simple statut X (succession basique de scènes de baise) pour devenir des objets de cinéma farouchement indépendants (intrigue élaborée qui respecte une progression dramatique). Celui-ci - sans doute le meilleur de cette mouvance - donne l'occasion de découvrir l'incroyable Marilyn Chambers. Avec Linda Lovelace (Gorge profonde) et Georgina Spelvin (The Devil in Miss Jones), elle est devenue une figure emblématique de la décennie seventies marquée par la libération sexuelle. Une période d'hédonisme qui trouve son crépuscule filmique avec Café Flesh au début des années 80. Ce film de Rinse Dream (alias Francis Delia) n'hésitait pas à pasticher Derrière la porte verte en proposant des représentations scéniques outrancières et en préfigurant une banalisation d'une pornographie industrialisée (VHS, transgression des tabous, Internet). Une banalisation qui induit une déshumanisation clinique. Ce que Behind the green door, tourné en un jour, n'est jamais. Aujourd'hui encore, il reste une bonne pub pour le désir, pas encore gangrenée par cette fâcheuse tendance qui consiste à théoriser le sexe.

behind the green door

"Toute la partie saphique des préliminaires où les prêtresses noires déshabillent la déesse blanche, utilisent leurs langues et leurs mains pour offrir des papouilles délicieuses est clairement la plus excitante du film."

A l'origine du phénomène, il y a deux frères malins : Jim et Artie Mitchell qui ont commencé en étudiant le cinéma à San Francisco avant de réaliser des petits films érotiques à la fin des années 60. En 1972, ils ont eu envie d'aller plus loin et de montrer des interprètes qui ne simulent pas. Grâce à une petite annonce, les frangins tombent sur Marilyn Briggs (plus connue sous le nom de Marilyn Chambers). Au départ réticente, elle se laisse convaincre par une proposition alléchante (2500 dollars de salaire, un pourcentage sur les recettes et choix des partenaires). A mille lieues des icônes pornos, son look de "girl next door" va incidemment contribuer à la popularité de Derrière la porte verte. Bonne pioche : le film reçoit d'excellentes critiques et tout le monde veut le voir. Tourné avec à peine 60.000 dollars, il devient un succès colossal (200 000 dollars en 20 semaines et 20 millions en moins de 3 ans d'exploitation). Derrière la porte verte finit même par toucher la France. L'anecdote veut que Michel Guy, ministre de la culture de l'époque, ait réservé une rangée VIP lors de l'avant-première française du film au festival de Deauville en 1975.

behind the green door

Pendant les dix premières minutes, on ne se doute de rien. Parce que rien ne laisse présager qu'il s'agit d'une oeuvre à caractère pornographique. On voit deux hommes rustauds qui prennent un café en compagnie du patron. Au détour de la conversation, ils évoquent la légende de la "porte verte". Passée cette introduction, le générique démarre et le vrai film peut alors commencer. Son but: illustrer cette légende issue du fantasme collectif (le viol rituel d'une mariée dans le sud de la France). Une jeune femme (Marilyn Chambers, géniale) est enlevée par deux hommes (incarnés par les frères Mitchel, les deux réalisateurs). Ils la séquestrent et l'emmènent dans un club où les participants libertins sont masqués. Rétive mais irrésistiblement attirée par ce lieu de mystères, elle se retrouve sous le feu des projecteurs, hagarde et anxieuse, seule sur scène, entourée d'une foule d'anonymes. En quelques minutes, elle devient l'objet des convoitises. Sensuellement caressée par des femmes gourmandes devant une assistance d'abord passive puis de moins en moins. Dans le public, on retrouve l'un des deux hommes présenté dans l'introduction. Lorsqu'il s'échappe de la salle, on le retrouve en train de prendre son café. Passé une heure d'orgie, le récit revient à la case départ. Tout cela s'est-il réellement produit ? S'agit-il de la projection fantasmatique d'un homme qui épuise ses fantasmes et décide de nous les faire partager ? Est-ce que Derrière la porte verte est une dérive mentale ? Est-ce que le personnage de Marilyn Chambers existe ? Tant de questions dont on finit par se contrefoutre tant l'intérêt réside ailleurs.

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