
CHASSEURS DE DRAGONS : INTERVIEW DES REALISATEURS
Tout sur CHASSEURS DE DRAGONS - galerie de photos - Le 2008-03-26 06:33:41
Votre film est à la fois très classique dans sa forme et très adulte dans son fond. Comment avez vous réussi à concilier à la fois l'idée d'un film pour enfants qui serait aussi adressé aux adultes grâce à un second degré bien senti ?
Arthur Qwak : Pour tout vous avouer, lorsque l'on a vu les premiers enfants entrant dans la salle lors de la projection-test, c'est là qu'on a vraiment réalisé que le film allait être présenté avant tout à un public vraiment jeune ; malgré tout, nous avons totalement assumé le fait de ne pas vouloir faire dans la dentelle. Nous avons aussi eu la chance d'être soutenus par Philippe Delarue, le seul à qui nous étions tenus de rendre des comptes : nous aurions eu un budget monstrueux à la Pixar, tout de suite notre liberté se serait retrouvée restreinte. Mais Philippe a cru en nous jusqu'au bout, là où d'autres ne voulaient pas du film, jugeant son univers trop sombre. C'est aussi pour cela que nous n'avons pas signé avec quelques uns car on sentait que l'on aurait eu une pression que l'on ne désirait pas... Et le résultat des courses, c'est que nous avons pu faire exactement ce que nous voulions !
Guillaume Ivernel : L'une des premières fois où nous avons présenté le film à des enfants, dans le public était présente la fille du chef de projet et son papa nous a avoué qu'elle avait peur avant que les monstres arrivent. Mais quand ils étaient enfin là, la petite s'éclatait devant les aventures de Gwizdo et Lian-Chu. L'arrivée des Dragon-péteurs par exemple a tendance à faire flipper les gamins mais après ils s'amusent vraiment de voir les chasseurs littéralement les faire péter ! Et puis pour les parents, ça les fait marrer d'avoir quelques références ici et là, comme ce clin d'oeil aux Dents de la mer : « Il va nous falloir un plus gros village... ».
A.Q : On s'est toujours accroché à l'idée que nous voulions faire un conte... Et nous les souvenirs d'enfance que nous avions c'étaient les séquences angoissantes de films comme Blanche Neige et les sept nains. Donc non, ce ne sont pas des peurs gores ou horribles mais effrayantes, des peurs positives et constructives. Les gamins sont assez friands, tout comme les adultes, de se faire peur... D'ailleurs, nous discutions avec l'un de nos producteurs, venant de France Télévision, quant à l'image du Bouffe-monde et nous nous demandions s'il ne serait pas trop impressionnant pour le jeune public, et celui-ci nous a dit que si nous arrivions à l'impressionner autant que l'avait fait la sorcière de Blanche Neige, pour lui le pari était gagné...

Et cette volonté d'offrir aux enfants un divertissement absolument pas aseptisé n'a pas posé de problème ?
G.I : Malgré le fait que certaines maisons de production étrangères n'aient pas voulu nous suivre lors de la conception du film, le passage du scénario et de nos travaux préparatoires entre leurs mains a su susciter un véritable intérêt pour le film. Aussi, certains pays attendent de voir le résultat final et les résultats en France avant de se prononcer quant à l'éventuelle distribution chez eux, tout comme ils l'avaient fait pour des films comme Les triplettes de Belleville parce que ce film en était à 1,5 millions d'entrées en France ou comme Persepolis par exemple. Maintenant, il est vrai qu'on fait les rigolos comme ça, parce que nous avons réussi à faire ce que nous voulions mais il faut reconnaître que si nous avions eu un peu plus de soutiens financiers... Quoique... Quand on y réfléchit, il vaut mieux être un peu juste niveau budget au moment où on crée qu'être pleins aux as et finalement stériles... Du coup, nous avons dû nous renouveler sans cesse pour essayer de surprendre !
A.Q : Du reste, on ne remerciera jamais assez les équipes des studios Mac Guff, pour le travail acharné qu'ils nous ont offert. Parfois nous allions les voir et nous leur signalions qu'après des semaines non-stop, sans week-ends, ils pouvaient peut-être se poser un peu mais à chaque fois on tombait sur des gars adorables qui nous disaient juste : « Tu sais nous on fait ce métier pour faire ce genre de choses et en France, on travaille rarement sur des projets aussi fun que celui-ci, donc la fatigue : on s'en fout ! ». Ca c'est vraiment le meilleur compliment que les gens de ton équipe puissent te faire et quand tu as la chance de bosser avec des gars aussi motivés et aussi passionnés, tu vas pas t'en plaindre, au contraire tu ne peux que les remercier et les soutenir un peu plus...
G.I : Nous avons eu aussi la chance de travailler avec des gens incroyables comme les gars de LuxAnimation, la boite qui a fait la moitié des décors et qui a accompli un boulot remarquable. Ceux de Trixter qui nous ont fait un peu plus de 18 minutes d'animation et Futurikon qui nous a produit et chez qui nous avons fait toute la pré production... A tous un grand merci !











































