Le cameos, comme autant de petites apparitions qui en disent long sur l'humour, l'égocentrisme ou le détournement d'image du septième art pour ses figures connues. Voici quelques cameos sympathiques que certains de nos rédacteurs n'arrivent pas à oublier. Un
Steven Spielberg employé de mairie ou un
Peter Jackson roi du couteau, toutes ces apparitions valent en tout cas le coup...
HAIRSPRAY
Adaptée d'une comédie musicale de Broadway elle-même tirée d'un film bien trashos du célèbre
John Waters, on aurait pu craindre, à la vue de ses premières images, que cette nouvelle version de
Hairspray ne soit qu'une grosse guimauve gerbante, aux antipodes du film original. Mais cette mauvaise impression s'éclipse très vite derrière la décontraction qui caractérise d'ordinaire les comédies musicales, très bien rendue ici, ajoutée à quelques beaux restes du film de Waters. En particulier en ce qui concerne les caricatures des différents groupes, d'autant plus drôles qu'elles sont outrageusement exagérées. Ou pas, c'est là tout le talent de l'approche de Waters qui, malgré tous les excès qu'il nous présente, reste toujours d'une façon ou d'une autre intrinsèquement rattaché au réel. Une qualité que l'on retrouve plutôt bien dans le film de
Adam Shankman, créant une filiation encore renforcée par un caméo génial intervenant au tout début du film. Comme pour nous indiquer que, oui, ce film sait bien d'où il vient. Ainsi, lorsque l'héroïne entame la première chanson pour exprimer sa joie de vivre à Baltimore ("
Good morning Baltimore !"), alors que cette ville nous est présentée comme un vrai trou à rat, et qu'elle en arrive au couplet où "il y a le pervers...", nous avons la surprise de voir débarquer
John Waters lui-même, habillé d'un imperméable qu'il ouvre de façon obscène devant des passantes. Un gag qui se lit sur plusieurs niveaux, allant du plus évident (un pervers avec une tête marrante à côté d'une jeune fille enjouée) au plus caché (reconnaître Waters, mais aussi comprendre le clin d'oeil qui est fait à la perception qu'avaient les habitants de Baltimore - sa ville natale - sur lui autrefois, peut-être même encore aujourd'hui vu qu'il y vit toujours). Nous avons donc dans ce cas un caméo rigolo et qui, en plus, à une véritable utilité et du sens. Que vouloir de plus ?
MEN IN BLACK II (Michael Jackson et Barry Sonnenfeld)
Alors que l'agent J (
Will Smith) ramène l'agent K (
Tommy Lee Jones) aux quartiers généraux de l'agence Men In Black dont il n'a plus aucun souvenir, le directeur, l'agent Z (
Rip Torn) est en communication avec un prétendant au poste à l'autre bout de la galaxie, un prétendant qui n'est autre que Michael Jackson himself ! Le visage blanc déformé par le grand angle, les yeux exorbités avec une voix fluette dans la version originale (et une voix à fort accent américain dans la version française), the King of pop se paye une bonne dose de satire et d'autodérision assumée ! Alors qu'il rappelle à l'agent Z sa promesse de l'intégrer dans l'équipe, celui-ci lui rétorque : « une insertion des minorités aliens fait partie de notre programme ! » . Et qui sait, un jour peut-être deviendra t-il l'agent M...
Autre caméo plus subtil du film est celui du réalisateur lui-même qui apparaît sous les traits d'un bon père de famille regardant bien sagement la télévision avec sa femme et ses bambins lorsque que J et K débarquent dans son petit foyer très WASP pour faire le plein d'armes plus farfelues les unes que les autres.