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CINE : LE JOURNAL D'UNE BABY SITTER

CINE : LE JOURNAL D'UNE BABY SITTER

Tout sur LE JOURNAL D'UNE BABY SITTER - galerie de photos - Le 2008-03-28 12:48:43


    Il était une fois la vie de Cendrillon, alias Annie Braddock, demoiselle d'origine modeste taraudée par une maman qui l'oblige à trouver un emploi pour se faire de l'argent. Bonne résolution : elle cherche un emploi. Bonne nouvelle : elle est embauchée comme nounou dans une famille huppée de Manhattan. Ça tombe bien : les X recherchaient justement une âme corvéable à merci pour s'occuper d'un enfant rongé par le désoeuvrement. Mauvaise nouvelle : la maman maniacodépressive qui travaille l'apparence en négligeant le reste et le papa tyrannique sont de vraies teignes qui vont lui mener la vie dure. Oui mais voilà : le gamin, au départ détestable, manque cruellement d'amour et va lui apporter du réconfort. Et surtout un bel étudiant de Harvard va tomber sous son charme. Tout est bien qui finit trop bien. On a peur de comprendre les raisons ayant poussé le duo Shari Springer Berman et Robert Pucini (American Splendor) à réaliser ce film de commande très féminin. Mais le résultat possède plus d'un argument stimulant pour intéresser différentes catégories de public. Bilan très exactement mitigé compte tenu des attentes.

LE JOURNAL D'UNE BABY SITTER
Un film de Robert Pulcini, Shari Springer Berman
Avec Scarlett Johansson, Chris Evans, Paul Giamatti, Laura Linney, Alicia Keys
Durée : 1h44
Date de sortie : 14 Mai 2008

le journal d\'une baby sitter

On attendait avec une impatience non feinte le nouveau long métrage de Shari Springer Berman et Robert Pucini, les deux réalisateurs d'American Splendor, vraie révélation du cinéma indépendant US qui les plaçait dans la droite lignée d'un Terry Zwigoff avec un mélange de créativité, de cynisme, de tendresse et de lucidité qui faisait leur belle singularité. Or, si on devait faire une comparaison avec ce cinéaste toqué de Crumb, American Splendor ressemble à leur Ghost World (une réussite absolue à tous les niveaux) et ce Journal d'une baby-sitter, plus impersonnel mais estimable, leur Art School Confidential (sorti directement en DVD chez nous). Confessons-le d'emblée : ceux qui s'attendaient à ce que les deux cinéastes creusent un sillon original risquent d'être refroidis par la facture plus convenue de ce nouvel opus, présenté avant tout comme une adaptation plutôt tiède de la nouvelle de Nicola Kraus et d'Emma McLaughlin. Au moins, ils se sont mis au diapason de leur source d'inspiration pour ne pas décevoir ceux qui connaissaient la nouvelle originale. La faiblesse vient du scénario qui bride un tantinet l'inspiration débordante des auteurs même s'ils réussissent par intermittence à insuffler de vraies idées de mise en scène. Passée une première partie assez divertissante nourrie de dialogues vachards, le récit emprunte une trajectoire plus fadasse et ne sert finalement qu'à mettre en opposition de manière binaire voire simpliste la bourgeoisie de l'Upper East Side de Manhattan (le couple Laura Linney-Paul Giamatti) et une banlieusarde exploitée (Scarlett Johansson).

Dans des seconds rôles, la chanteuse Alicia Keys et Chris Evans, respectivement meilleure amie dévouée et prince charmant trop charmant, servent avant tout d'attraits marketings et n'ont pas les moyens de démontrer l'étendue de leur palette émotionnelle. Grosso modo, ils font office de faire-valoir. Autre écueil : une légère prédilection pour la caricature (couple bourgeois bourré de défauts qui les rendent si antipathiques, baby-sitter qui doit se coltiner un bambin pourri gâté qui se révèle au final foncièrement aimable) et les nuances binaires qui cassent passablement l'enthousiasme. Une évolution inverse (moins politiquement correcte) aurait certainement été plus stimulante pour mettre en valeur les situations comiques. Dans ce domaine, le faux thriller horrifique Joshua, de George Ratliff, qui sort quelques semaines avant, vise plus pervers et impressionne subtilement en prenant comme protagoniste un enfant très ambigu, décrit dès le départ et jusqu'au bout comme tête à claques, dont on ne sait pendant longtemps s'il provoque le mal ou subit l'égoïsme de ses proches. C'est dommage pour Laura Linney, aussi impériale et biatch qu'une Catherine O'Hara surexcitée (il faut la voir donner un peu de peps à la fable romantico-niaise PenelopeChristina Ricci a un groin à la place du nez). Ce n'est pas tous les jours que Linney se montre sous son jour le plus rieur. A tel point que son contre-emploi finit par faire de l'ombre à tous les autres. Berman & Pucini semblent même prendre un malin plaisir à soigner toutes ses répliques et mimiques. A tel point que ses efforts méritoires sauvent le film d'une certaine platitude.

le journal d\'une baby sitter

A la place de la mauvaise humeur roborative de Paul Giamatti, on a droit au martyre drolatique de Scarlett Johanson, actrice qui confirme une envie de varier les univers cinématographiques (Nolan, Allen, De Palma) et qui, dans une quête de crédibilité, a certainement voulu travailler avec les deux réalisateurs après avoir découvert - et apprécié - leur excellent boulot sur American Splendor. On la comprend, l'actrice profite de l'occasion pour s'illustrer dans un rôle comique. Ce qu'elle n'avait pas fait depuis Scoop où la psychologie de son personnage arriviste était plus importante que la beauté de ses formes. Pour les producteurs, elle constitue un atout majeur. Mais malgré la présence de l'actrice bankable et un certain talent dans l'écriture des dialogues, cette transposition reste un échec commercial au box-office US tout simplement parce qu'il y a un problème d'identification. A force d'avoir le cul entre deux chaises (auteur et populaire), on ignore finalement à quel public le film s'adresse. De là à parler de catastrophe artistique, ce serait exagéré. Pour peu que l'on ne tienne pas rigueur de ses défauts (nullement accessoires) et de sa fâcheuse tendance au sentimentalisme un chouia pompier, ce divertissement familial se regarde sans déplaisir. Sans passion faute d'être incisif. Espérons que cette parenthèse mineure permettra aux deux réalisateurs de rebondir de manière plus cinglante et d'imposer un film moins phagocyté par ses intentions martelées.

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dijijade journal d'une baby-sitter 3    03 mai
 


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