

Jusque là tous les films des films Blue Sky (L'âge de glace, Robots...) partaient de scénarios et de personnages originaux. Horton est adapté d'un classique du Dr Seuss (NDR : auteur culte d'albums pour enfants aux USA, créateur du Grinch ou du Chat chapeauté) une histoire pré-existante ?
Horton est un livre que tous les enfants anglo-saxons de ma génération connaissent. On a grandi avec cette histoire. Non seulement il y a quelque chose d'universel dans ses thèmes, mais je trouve qu'il nourrissait un énorme potentiel pour un film d'animation. L'univers graphique de Dr Seuss a longtemps été un challenge pour les réalisateurs de dessin animé. Pouvoir restituer à la fois son aspect délirant mais aussi la simplicité de ce qu'il exprime. Il y a eu une poignée de tentatives avec les cartoons de Warner Bros dans les années 50, ces mini-adaptations du Grinch mais elles restaient limitées par leur support : la télé américaine de l'époque. La vraie difficulté dans la conception d'un dessin animé aujourd'hui n'est plus sa forme, mais son fond : comment trouver une bonne histoire à raconter, avec des personnages qui fonctionnent. Horton, qui est un livre court possède une base remarquable pour ça. Là où nous nous sommes vraiment creusés la cervelle, c'est pour pouvoir l'extrapoler pour avoir la matière pour un long métrage qui reste respectueux de l'oeuvre de Seuss.
Le fait qu'Horton (et à fortiori les autres albums de Dr Seuss) reflète des thèmes récurrents dans tous les films Blue Sky - un monde en péril, la formation d'une communauté, la communication entre différentes espèces...- a forcement aidé...
C'est vrai que ces sujets sont abordés dans tous nos films, mais on n'a jamais cherché à les connecter les uns aux autres. Je crois que ces traits communs n'empêchent pas L'âge de glace ou Robots d'être des films aux identités propres. Mais il est vrai que j'ai comme une vision d'ensemble sur nos productions, je les vois un peu comme des enfants qu'on éduque au fur et à mesure mais en prenant en compte leurs personnalités. J'ai moi-même deux enfants. Quand ma première fille a commencé à parler, je me suis rendu compte qu'elle essayait de prendre modèle sur ses parents. Depuis je fais tout pour lui inculquer qu'elle doit avant tout être elle-même. Du coup j'ai cru savoir comment m'y prendre avec mon second enfant. A tort : ils sont de la même origine mais se comportent d'une manière totalement différente. Avec les films c'est la même chose : l'inspiration peut être la même, mais ils finissent par évoquer des choses différentes. Ne serait-ce parce que de nombreuses personnes, doubleurs, animateurs, techniciens, travaillent dessus et finissent par les imprégner de leurs propres sentiments. C'est un processus basique qu'il faut laisser à l'oeuvre.

Cette imprégnation vient de plus dans les dessins animés des acteurs prêtant leurs voix aux personnages...
On peut reprocher au cinéma d'animation actuel d'utiliser les stars comme du marketing, mais d'un autre côté, vedette ou pas, les acteurs qu'on utilise pour les doublages ne sont jamais pris sans raison. Il est évident que sur Horton, Jim Carrey et sa forte personnalité ont influé peu à peu sur l'animation de cet éléphant. Mais au moins autant que celle de Steve Carell sur celle du Maire. Quand on est en pleine conception d'un dessin animé, il est impossible de penser à l'avance où il va aller, de quoi on va le faire parler. Simplement parce que ce ne serait pas juste envers une sorte d'évolution naturelle et inconsciente.
[p1] [p2]
![]() | ||
CINE : HORTONHorton, un éléphant placide et insouciant, entend des voix qui proviennen... | ||
![]() | |||
|
| ||







CINE : HORTON





































