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CINE : MATAHARIS

CINE : MATAHARIS

Tout sur MATAHARIS - galerie de photos - Le 2008-04-02 05:00:12


    Madrid. Trois femmes, Inès, Eva et Carmen sont détectives privées. Elles observent les secrets des autres, ont l'habitude de ne juger ni les déceptions ni les mensonges, mais ont bien du mal à gérer leur vie privée. Souvent elles jouent avec le feu et franchissent la délicate frontière entre vie professionnelle et personnelle. La révélation espagnole de Ne dis rien nous déçoit.

MATAHARIS
Un film de Iciar Bollain
Avec Najwa Nimri, Tristán Ulloa, María Vázquez, Diego Martín, Nuria Gonzalez
Durée : 1h35
Date de sortie : 02 Avril 2008

mataharis

On avait découvert Iciar Bollain il y a trois ans avec Ne dis rien, un mélodrame plutôt subtil qui brossait le beau portrait d'une femme battue qui apprenait malgré ses traumatismes à se souvenir des jours heureux et à se reconstruire une nouvelle peau. En son temps, le résultat, correctement écrit et supérieurement interprété, avait fait illusion. Il bénéficiait d'une solide réputation pour avoir fait la nique à tous ses concurrents lors de la cérémonie des Goya (équivalent de nos César en Espagne). Quid de Mataharis, son nouveau long métrage ? Bollain y raconte les trois affaires très privées de détectives fâchées avec l'existence et laisse ostensiblement de côté tout ce que l'on pouvait attendre d'un tel projet (les oripeaux du polar). Pour ainsi dire, le suspense est aplani. Ce qui intéresse la miss est nichée ailleurs : sonder les tréfonds de l'âme humaine, montrer des bouleversements intérieurs, disséquer l'évolution de femmes fortes dans un univers masculin sans pitié. Et, par extension, révéler comment finalement une vie professionnelle finit par déteindre sur l'intimité (fragilité du couple, solitude qui détruit le coeur).

mataharis

Certains pourront toujours se consoler en traduisant cette volonté - pas nouvelle - de réécrire le genre au féminin comme un moyen de casser des codes tenaces. Louable intention que de donner plus d'importance à la psychologie qu'au spectaculaire mais il aurait été plus habile de ne rien négliger. Là où le registre du drame était totalement adéquat dans le précédent long pour autopsier des relations ambiguës, on a cette fois-ci la pénible impression qu'elle passe à côté de son sujet. Pour convaincre, il aurait fallu se mettre à la hauteur de ses ambitions que ce soit narrativement (les trajectoires enfilent les lieux communs) ou visuellement (la facture est proche du téléfilm avec Judith Godrèche sur France 3 Picardie en seconde partie de soirée). Bref, passé l'excitation du départ, le résultat s'abîme dans un discours finalement éculé sur les différences entre les hommes (la mauvaise foi) et les femmes (la sensibilité). Programme lourd, à peine manichéen, sauvé de l'ennui par trois (charmantes) interprètes qui font ce qu'elles peuvent pour insuffler un peu d'émotion à cet objet flingué par le schématisme poids lourd. Triste.

RLV

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  Note des Lecteurs
pak Plus d'audace aurait été bienvenue. 6    02 mai
 


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