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CLASSE PAS CLASSE : GABRIEL BYRNE

CLASSE PAS CLASSE : GABRIEL BYRNE

Tout sur Jindabyne, Australie - La Critique - Le 2008-04-03 11:37:23


Acteur polyvalent s'il en est, Gabriel Byrne est du genre à faire frémir d'impatience les directeurs de casting tant sa présence seule apporte déjà un cachet et une densité miraculeuse aux oeuvres auxquelles il participe. N'ayant peur d'aucun genre, de la peinture historique souvent fantasmée par des éléments fantastiques (Excalibur de John Boorman, La forteresse Noire de Michael Mann, Gothic de Ken Russel) au drame des familles (Les 4 Filles du Docteur March de Gilliam Amstrong) en passant par le polar sombre (Usual Suspects), le fantastique grand public (End of Days de Peter Hyams, Ghost Ship de Steve Beck) ou les délires d'auteurs réussis (Dead Man de Jim Jarmuch) ou non (Cool World de Ralph Bashki), le monsieur ne craint jamais de se retrouver face à une partition impossible. Bien évidement, un acteur ne fait pas un film et la direction de certains metteurs en scène pousse même les plus doués à fournir des performances pas toujours au top, mais force est de constater qu'à l'exception de quelques rares longs métrages, Gabriel est souvent la meilleure partie des oeuvres qu'il honore de sa présence. Petit survol d'une carrière aussi riche qu'éclectique.


EXCALIBUR - très classe
Le rôle de Gabriel Byrne dans la fresque arthurienne de John Boorman est certes secondaire mais il est d'importance. Il incarne le rôle du roi Uther, premier porteur d'Excalibur et surtout le père d'Arthur. Séduit par la beauté de la femme de son rival, il fait appel à Merlin et le prie de l'aider à satisfaire sa concupiscence en le faisant à la semblance de l'époux de la damoiselle pour la posséder (en armure, ce qui force l'admiration). En échange, le magicien fait promettre à Uther de lui livrer le fils qui naîtra de cette union, favorisée par le souffle du dragon. Il en sera ainsi et Uther, sera assassiné et plantera dans son dernier souffle Excalibur, jurant qu'aucun autre ne saurait la brandir s'il n'est pas légitime. Byrne qui est ailleurs la distinction même (dans Usual suspects) apparaît ici rustre et sanguin, extrêmement irritable et esclave de ses pulsions. Il épouse ce rôle outré avec conviction lui confinant toute sa fureur. Il n'agit que par éclats, éclats de voix, éclats de violence. C'est ainsi qu'il scellera sa perte. C'est une belle introduction à l'histoire dans laquelle Byrne est la victime des manigances de Merlin qui connaît ses faiblesses, avant l'avènement du Roi Arthur. Il est aussi révélateur de l'intention de Boorman : raconter la légende en se fondant sur l'humain et sa faillibilité profonde (sa convoitise). Uther Pendragon en est le symbole.


DEAD MAN - Grande classe
Dans ce western unique de Jim Jarmush, ce trip en noir et blanc narrant l'odyssée initiatique de William Blake, perdu au milieu de nulle part avec une balle qui chemine lentement vers son coeur et des tueurs à gages à ses trousses, chaque personnage compte. Chaque rencontre devient irréelle, fantomatique, chaque voix étrange venant s'ajouter à la marche funèbre (jusqu'à celles qui frôlent l'absurde comme celle d'Iggy Pop déguisé en vieille pionnière peureuse). Ainsi on croise le vieux Robert Mitchum en figure tutélaire de la ville, dont le fils incarné par Byrne a été assassiné. Il est un homme triste, revenant auprès d'une femme (magnifique et ressemblant à Gene Tierney) pour lui déclarer son amour. Mais celle-ci, en plus du fait qu'elle vient de coucher avec le pauvre Johnny Depp (qui se cache sous les draps d'un air piteux), lui déclare que le sentiment n'a jamais été réciproque. L'homme à l'air sombre sort un flingue et tire sur l'amant qui vient de partager la couche de sa bienaimée, elle s'interpose, ralentissant la course de la balle vers le coeur de sa cible. Elle meurt. William Blake, à l'origine en ville juste pour trouver un emploi, tue son agresseur et devient un fugitif dont la tête est mise à prix. La participation de Byrne est assez émouvante car on sent l'homme à bout, désespéré dans sa passion, pris dans un amour sans retour, toujours pathétique. Il débarque dans la chambre avec un cadeau pour sa belle. Il est d'une belle vulnérabilité. En quelques minutes, il impose un personnage.

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turken31 ?! ca reste un bon film    28 avr
ralex du calme    18 avr
luckyz33 NIKITA IRREGARDABLE??????    09 avr
Reznik L'un de mes acteurs favoris    04 avr
yyyeeeaaahhh Le pont du roi Saint Louis    03 avr
 


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