
Synopsis (pour vous remettre les idées en place) : Après cinq années passées à la prison de Buffalo, Billy Brown est libéré. Il part rendre visite à ses parents, qui ignorent tout de la nature véritable de sa disparition, et kidnappe sur sa route une jeune étudiante nommée Layla. Il lui demande alors de jouer le rôle de l'épouse fictive qui lui a jusqu'à présent servi d'alibi dans ses lettres.



Tout commence par un couloir dans lequel un homme seul avance pour aller ouvrir sa porte d'entrée... L'accumulation des portes présentes dans cet espace restreint tend à étouffer plus qu'à proposer d'éventuelles ouvertures et la décoration, simple et modeste, définit rapidement la classe sociale des gens qui vivent dans cette maison. La prédominance sonore de la télévision est immédiate, couverte par les cris d'une femme visiblement passionnée par un match sportif quelconque. Ce n'est donc pas l'homme de la maison qui, d'accoutumée, se passionne pour le sport mais bien l'épouse. Le plan impose immédiatement un certain malaise mais également une surprenante situation de vie... Le personnage du père (Gazzara) ouvre la porte, ne se donne pas la peine de répondre aux salutations de son fils (Gallo), accompagné de sa copine d'une journée (Ricci), et leur tourne immédiatement le dos pour repartir. Il prévient néanmoins sa femme : « Janet, c'est ton fils ! ». Gallo et Ricci de dos, restent sur le pas de la porte et ne semblent toujours pas invités à entrer à l'intérieur. Lorsque la mère apparaît, interloquée par l'appel de son mari, elle n'a toujours pas compris que son fils était rentré au bercail. L'effet de surprise est mitigé pour la femme (Angelica Huston) qui semble peu enthousiaste à l'idée d'accueuillir son fils. Pas d'embrassades ni de signes d'affection, après cinq ans d'abscence de ce dernier, et le personnage de la mère reste dans un troisième plan sombre et surcadré dans lequel on l'aperçoit à peine. Bref, nous n'aurons pas de belles et joyeuses retrouvailles. Les personnages restent distants les uns des autres et ne cherchent jamais à briser les plans. Le cadre est immobile, l'ambiance est gênante et froide, à l'image de la terrible scène qui va suivre.
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