
MAXI PAPA
Un film de Andy Fickman
Avec The Rock, Kyra Sedgwick
Durée : 1h50
Date de sortie : 09 Avril 2008
Dwayne Douglas Johnson, alias The Rock, incarne Joe Kingman, quaterback médiatisé qui mène une vie de luxe à Boston. Terriblement égocentrique (il passe un temps non négligeable à se regarder, tant en photo qu'à la télévision), il se fait appeler le King et se compare volontiers au légendaire Elvis Presley, pour lequel il voue un culte qui s'affiche sur tous les murs de son appartement. Installé confortablement dans cette vie, débarque un jour devant sa porte une petite fille haute comme 3 pommes : sa fille Payton. La petite va faire vaciller le champion bodybuildé et mettre un tel bazar dans sa vie que celui-ci ne sera plus jamais le même...

Comédie familiale s'il en est, Maxi Papa met en scène l'ex-catcheur "The Rock", nouveau venu dans le genre et sorte de descendant de Schwarzenegger métissé dans Un flic à la maternelle. À l'image de Schwarzy, on retrouve une masse de muscles huilés confrontée à la douceur et à l'innocence de l'enfance : cette plastique hors norme est exploitée à des fins comiques, car l'homme, arrogant et égoïste, va s'en trouver d'autant plus ridicule et décervelé. Incontestablement, le film ironise avec tendresse sur l'image caricaturale du sportif-star : Joe Kingman comme ses copains joueurs de football américain sont d'une bêtise à la mesure de leur tour de biceps. Heureusement, au contact du petit bout de chou, les boeufs dopés aux hormones vont aussi montrer qu'ils ont un coeur. À ce propos, le rôle de la petite Payton est délicieux, car autant son père est un cliché, autant elle est intelligente et ancrée dans la réalité. Cela plaira assurément au public visé par le film, les enfants.

Comme vous l'avez sans doute deviné, le scénario use de grosses ficelles et autres lieux communs calibrés pour faire tantôt rire, tantôt pleurer le spectateur. Mais si les ressorts dramatiques sont peu discrets, on ne se laisse pas moins prendre au jeu par moments : on rie de bon coeur devant les situations ridicules auxquelles est confronté le héros. Par exemple, la petite fille qui "customise" avec des strass tout ce qui lui passe sous la main, s'attaque au ballon fétiche du joueur. Ou encore, passionnée de danse et de musique classique, elle affuble d'un tutu rose le pauvre bulldog du héros et fait découvrir à ce dernier la danse classique, qu'il ne prenait même pas pour un sport.

Le film est agréablement rythmé, jouant souvent sur l'effervescence que suscitent aux USA les matchs de football américain. On peut cependant lui reprocher une certaine séparation dans le temps du rire et de l'émotion. A la fin, l'émotion prédomine, faisant disparaître totalement l'ironie, plus intéressante et moins grossière. Ceci, renforce la sensation d'un scénario peu original autant qu'il est bien construit et efficace. En somme, Maxi Papa s'adresse aux enfants et à leurs parents, leur faisant passer un moment divertissant s'ils acceptent d'entrer dans le film et de s'y laisser mener par le bout du nez. Une séance agréable dont le souvenir s'évapore très vite !
Gaëlle Grignon & Gwenaël Tison
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