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CINE : DES TEMPS ET DES VENTS

CINE : DES TEMPS ET DES VENTS

Tout sur DES TEMPS ET DES VENTS - La Critique - Photos - Le 2008-04-07 06:53:32


Une oeuvre d'une grande puissance formelle qui confirme après le sâcre de Ceylan que la Turquie est un territoire cinématographiquement passionnant.

Romain Le Vern 8
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Par pitié, ne vous fiez pas aux apparences: ce lancinant moment de beauté pure qui traite sans tricher des conflits générationnels et des problèmes de communication ne joue pas la carte référentielle (on pourrait citer un nombre incalculable de cinéastes ayant déjà fréquenté le terrain de l'enfance difficile), ne rabâche pas des thématiques éculées et ne ressemble qu'à son auteur, Reha Erdem (quatrième long métrage). Nouvelle preuve de la très bonne santé d'un cinéma Turc qui n'en finit plus de surprendre.

COUP DE COEUR RLV
DES TEMPS ET DES VENTS
Un film de Reha Erdem
Avec Ozkan Ozen, Ali Bey Kayali, Elit Iscan et Selma Ergec
Durée : 1h51
Date de sortie : 30 Avril 2008

Itinéraire des trois gamins pas gâtés dans un village pauvre. Omar, fils de l'imam, veut que son paternel crève vite et si possible dans des conditions atroces. Yakub voue un culte secret à sa maîtresse d'école suscitant une attraction charnelle qu'il n'explique pas encore. Yildiz exécute toutes les tâches domestiques ingrates imposées par sa mère. Un quotidien à se flinguer si, en regardant la mer, en crapotant en pleine nature, à l'ombre des oliviers, ils n'étaient pas heureux de trouver un peu de réconfort loin d'un monde adulte contaminé par des règles liberticides.

Des temps et des vents

Non, Nuri Bilge Ceylan, auteur des inestimables Uzak et Les climats, n'est pas le seul réalisateur à représenter un cinéma turc en pleine expansion ou à montrer des images que l'on voit pas ailleurs (Istanbul sous la neige, c'était lui). Et re-non, ce n'est pas du snobisme que de porter au pinacle toutes les étrangetés exotiques qui proviennent de ce nouveau territoire cinéphile. D'autant que si elles possédaient toutes l'envergure de ce film-ci (comprendre sensible et subtil), ça ne poserait plus aucun problème. Grâce à cette épure très maîtrisée, Reha Erdem, inconnu au bataillon, vient de faire une fracassante entrée et ce après avoir réalisé trois films - inédits dans l'Hexagone - que l'on a envie de découvrir au plus vite. Encore une fois, on préfère être prudent pour ne pas créer de vilaines déconvenues: ce voyage dépaysant et sensoriel risque de laisser sur le carreau les amateurs de fictions pétaradantes et donc d'irriter les plus impatients. En revanche, il devrait bouleverser ceux qui croient fort au pouvoir de la contemplation et de ses brusques courts-circuits nerveux. Continuons de rassurer les plus sceptiques: si avec son synopsis l'ensemble ressemble effectivement à une énumération plombante du petit guide auteurisant (rétribuer la patience par des effets d'art, se vautrer dans la transcendance du néant, ressasser des sujets éprouvés pour générer un pseudo-buzz opportuniste dans les festivals du monde entier), il échappe miraculeusement à tous ces pièges énervants pour une simple et bonne raison: sa cruauté extrême.

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