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CINE : POSTAL

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Tout sur POSTAL - galerie de photos - Le 2008-04-08 06:06:39


    Alors que l'annonce d'une suite à Postal a récemment vu le jour, les Français attendent toujours une date de sortie possible pour le film d'Uwe Boll, dont la réputation a grandi au fil des bandes-annonces, extraits, et sur les forums des geeks de tous poils. Postal, grand happening anarchique, passant à la mixeuse l'American way of life, doigt d'honneur dressé en direction de l'administration Bush, délire live d'un réalisateur qui tend la joue pour se faire battre avec le sourire aux lèvres, Postal, donc, est-il à la hauteur de son aura de film culte ?

POSTAL
Un film d'Uwe Boll
Avec Zack Ward, Michael Paré, Ralf Moeller, Dave Foley, Verne Troyer
Durée : 1h46
Date de sortie : un jour peut-être ?

Postal Uwe Boll

Alors qu'Hollywood poursuit depuis des années sa dénonciation de la présidence Bush plus ou moins efficacement, et que des francs-tireurs en colère (Trey Parker et Matt Stone, Michael Moore, pour ne citer qu'eux) démolissent patiemment les valeurs conservatrices de la société US, voilà qu'un adaptateur de jeux vidéo allemands voient mettre tout le monde dans le même panier, dans un seul et même film nihiliste, une comédie trash qui n'épargne rien ni personne, même pas ses auteurs. On parle donc bien ici d'Uwe Boll, proclamé par les internautes du monde entier « pire réalisateur encore en activité » pour ses précédents exploits pelliculés, House of the Dead ou Bloodrayne. Uwe Boll, irascible au point d'avoir boxé à la régulière, sur un ring, les journalistes qui l'avaient roulé dans la boue. Pour être honnête, avec un brin de compassion, on peut trouver certains des longs-métrages de Boll plutôt sympathiques. Sans être même au niveau d'un Relic, Alone in the dark laissait voir quelques bons moments d'action. Mais la bêtise crasse des scénarios, le cabotinage des acteurs venus cachetonner en connaissance de cause, et l'impossibilité du cinéaste à maintenir ne serait-ce qu'un semblant de cohérence ou de rythme sur tout un long-métrage empêchent chacune de ses productions d'être plus qu'un produit destiné à être vu et zappé, si possible en DVD. Ainsi, il serait présomptueux d'attribuer à Uwe Boll une quelconque vision artistique du 7e art. Au contraire, l'intéressé se plaît à répéter au fil des interviews son envie de réaliser des films qui rapportent vite et en peu temps. Les adaptations de jeux vidéo se rentrent ainsi bien plus vite dans leurs frais que les scripts originaux. Pragmatique, cynique, susceptible, de mauvaise foi : n'en jetez plus, s'il fallait un homme à abattre dans le petit monde du cinéma de genre, Uwe Boll a depuis longtemps raflé la couronne.

A l'annonce du projet, Postal ne fait guère parler de lui. Comme Bloodrayne et Dungeon Siege, il s'agit de l'adaptation d'un jeu vidéo peu connu, malgré son côté provocant. Comme souvent, il ne va pas non plus faire grand cas de la fidélité au matériau de base. Après la catharsis Seed, pur film d'horreur tiré d'un de ses propres scénarios originaux, Uwe Boll se sent tout de même pousser des ailes. Il se prend pour un auteur, il a des choses à dire, beaucoup même, et Postal sera son porte-voix, un manifeste craché sur grand écran avec le tact d'un routier texan.

Postal Uwe Boll

L'histoire proprement dite reste d'une stupidité confondante, digne des productions Trauma et des meilleurs épisodes de South Park : le héros, Postal Dude, est un loser sans travail affublé d'une épouse aussi grosse qu'une baleine et habitant une misérable caravane. Sa petite ville de Paradise (« le lieu de naissance d'Axl Rose », nous apprend-t-on !) va être le théâtre d'un grand jeu de massacre, puisque Ossama Ben Laden et sa clique sont sur le point de perpétrer un attentat au sein du « Germany Park » (dont le propriétaire n'est autre...qu'Uwe Boll, habillé en teuton d'époque !). Un point de départ déjà bien surréaliste que viendront bientôt compléter une armée de singes, des poupées porteuses de la grippe aviaire, des flics sodomites, et une secte hippie-apocalyptique dont les disciples sont de jolies bimbos décervelées... Comme dans un Hot Shots sous acide, l'intrigue ne sert donc que de vague prétexte à une enfilade de séquences « autres », volontairement choquantes et gratuites, ou se rapprochant au contraire de la satire sociale la plus désabusée.

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