
Un seul regard sur les affiches et l'intrigue de Island of Lost Souls, blockbuster 100% danois, suffit à nous faire penser à la saga Harry Potter. Normal, le réalisateur et co-auteur du scénario Nikolaj Arcel ne cache pas ses intentions d'en remontrer à Hollywood avec cette aventure grand public, qui nous ramène illico aux temps glorieux des productions Amblin et des films de Spielberg. Sorti en 2007 dans son pays avec succès (ce qui n'est guère étonnant), Island of lost souls se révèle être un divertissement de première classe, à même de concurrencer le petit binoclard de Poudlard.

Comme dans toute grande histoire de fantasy, De fortabte sjaeles (son titre original, ah oui, c'est déjà moins facile, là !) nous conte un épisode de la lutte séculaire entre les forces du bien et du mal. Le bien n'étant, c'est connu, jamais si bien représenté que par les enfants, ce sont donc eux qui vont être les héros de cette saga nordique. Lulu et son frère Sylvester sont donc deux jeunes frères et soeurs pas très heureux de quitter Copenhague pour venir s'installer à la campagne avec leur mère, au bord de la mer. Bien qu'elle trouve du temps pour apprendre à connaître son timide voisin Oliver, et faire un peu de ouija dans son chambre (c'est une fan de paranormal...), Lulu s'ennuie ferme, du moins jusqu'à ce qu'un soir, une drôle de boule brillante ne pénètre dans la maison. Une âme en perdition, en réalité, qui possède d'un coup le turbulent Sylvester. La grande soeur finit par comprendre qu'en guise de changement de caractère, c'est plutôt une autre personne qui habite le garnement. Un magicien décédé voilà deux cent ans, Herman, rappelé d'entre les morts pour faire renaître la Loge, une secte de choc dédiée à la perte des sorciers et nécromanciers. Facile à dire, sauf qu'en faisant un mètre quarante et trente kilos tous mouillés, la partie n'est pas gagnée...

L'univers d'Island of lost souls, qui carbure à la magie, nous est d'emblée familier. Passé un prologue spectaculaire en diable, où résonnent déjà les premières notes de la splendide partition de Jane Antonia Cornish (qui imite, mais avec talent, le style John Williams), le film emprunte les sentiers balisés et parfois dangereux de la comédie familiale. Les quiproquos et les dialogues décalés accompagnent le changement de personnalité de Sylvester, interprété par un jeune acteur impressionnant, Lucas Munk Billing, qui passe en un regard du petit garçon énervant au vieux sage en mission. Intelligemment, Nikolaj Arcel limite son nombre de personnages et de décors, construisant patiemment son scénario autour du quartier résidentiel et de la fameuse île des âmes perdues, où la petite bande va devoir affronter un nécromancien lui aussi revenu de l'au-delà.
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