
LES FILMS EROTIQUES DES MAISONS CLOSES EN DVD
Tout sur FILMS EROTIQUES DES MAISONS CLOSES - Le 2008-04-09 06:23:55
Ces Films érotiques des maisons closes possèdent des titres évocateurs (Mademoiselle, Trous de Serrure, Arrêt Polisson, Monsieur a sonné, La grande Bagarre, Trio, Le Chauffeur de ces dames, Solitude, Arthur, Miss Dynamite, Le Godemiché et Miss Plaisir) qui mettent la puce à l'oreille sur leurs contenus. A bien des égards, ils doivent être perçus comme les ancêtres d'un cinéma X aujourd'hui industrialisé et régi par la performance. A les voir, le sexe ne se résumait pas à de la boucherie consommable à la chaîne, encore moins à de la dissertation pseudo-morale ou une mauvaise pub pour le désir. Avec un regard actuel, ces petits films voyeurs et quasi-underground (pris un par un, la durée ne dépasse pas cinq minutes), se regardent moins pour l'émoi charnel qu'ils cherchaient naguère à provoquer ou pour un quelconque intérêt cinématographique (soyons clairs, il n'y en a pas) que pour leur valeur historique. Réalisés et joués par des anonymes, ils étaient destinés à un public masculin (beaucoup de saphisme et d'onanisme féminin), pour exciter les clients des lupanars luxueux avant de rejoindre une femme de petite vertu.

Avec le recul, ils se posent comme les témoins de l'insouciance des Années Folles et prennent le pouls d'une époque où les gens semblaient avides de tenter des expériences sexuelles (seuls, à deux ou à plusieurs). Dans le lot, il faut distinguer Les poireaux en folie, placé à part sur le DVD. Un film d'animation de cinq minutes pourvu d'une "joyeuse trivialité animalière" pour transgresser un tabou : la zoophilie. A l'écran, l'humour à la fois décomplexé et usité prend le pas sur tout ce qui pourrait déranger. Faute d'une restauration impeccable, les copies, très abîmées, sont proposées dans un état calamiteux. Mais l'intérêt de ce coffret ne réside pas que dans ces petits objets coquins. Sorte de supplément - qui justifie l'absence de bonus sur le DVD -, un livret d'environ 100 pages, très agréable à reluquer, pose des mots sur le cinéma érotique des années folles et retrace avec une certaine exhaustivité l'histoire de la sexualité et des pratiques sexuelles clandestines. En explorant des pistes différentes et en suivant une logique graduelle, les deux auteurs avertis, Christian Marmonnier (journaliste, auteur d'une encyclopédie sur la bande dessinée érotique) et Alex Varenne (peintre tout aussi connaisseur du sujet) abordent le sujet avec plus d'humour et de légèreté que de théorie oiseuse en proposant des tonnes de références littéraires musicales, poétiques ou picturales et des citations érudites. Ils citent des romanciers comme Zola, Maupassant, Flaubert, Céline ou Colette et récitent des chansons interdites. L'idée de l'avoir inclus dans le coffret devient un atout considérable, sans doute parce que sa présence compense aisément le manque de substance de petits films mécaniques ayant pris de la valeur avec le temps.
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