
MAD MAX
Le premier Mad Max continue de se balader dans ma tête comme un cauchemar latent qui refait surface de temps en temps, comme le souvenir d'une violence gratuite qu'on aimerait oublier. Je garde l'image de cette famille modèle qui va bientôt imploser sur le bitume australien.
Au milieu des bois, au bord de l'océan, l'amour de Max et de sa femme éclaire une journée déjà bien lumineuse. La promenade de la jeune femme apparaît comme une balade tranquille au milieu d'une nature accueillante. Mais déjà, en hauteur, le Mal motorisé veille et au retour d'une baignade chaleureuse, la forêt s'est transformée en terrain de chasse. Là où George Miller est malin, c'est qu'il rythme cette scène en dosant le suspense avec une ingéniosité remarquable. Chaque temps mort porte bien son nom : le calme n'est qu'apparent et les pauses narratives dissimulent une action hors-champ diabolique.
Poursuivie sur une grande ligne droite, la destinée de la jeune femme et son enfant s'arrête à mi-chemin, emportée par des zooms violents. Empreint de pudeur, le réalisateur filme la tragédie en plan général, libérant une douleur universelle, celle d'un mari, celle d'un père. En perdant sa famille, Max devient un héros qui n'a rien à craindre, un homme cynique et impitoyable. Il n'y a rien de pire pour un enfant que de voir un noyau familial qui resplendit déchiré par la brutalité sanguinaire de guerriers nihilistes. Cela ne donne ni envie de passer son permis, ni d'habiter en Australie.
NS

BACKDRAFT
S'il y a un film qui a été fait pour donner envie aux jeunes de devenir pompiers, c'est bien cet excellent Backdraft qui reste encore à ce jour l'un des meilleurs films de Ron Howard (avec Willow !) et surtout un divertissement léché au scénario très adroit et au casting monstrueux : Kurt Russell, Stephen Baldwin, Scott Glen, Robert DeNiro ou encore Donald Sutherland... Accompagné de la musique très prenante de Hans Zimmer, ce thriller dans lequel deux frères ennemis tentent de se battre contre un pyromane tient réellement de l'exploit tant les thèmes abordés sont forts et surtout parfaitement maîtrisés. Pas étonnant donc que passé un peu plus de deux heures, on se prenne au jeu. Et à cela votre serviteur à vite fait son choix : entre choisir de devenir combattant héroïque et se prendre pour Kurt Russell, la seconde solution semblait relativement logique. Après une VHS usée jusqu'au bout à force de visionnages intensifs, difficile donc de supporter de découvrir près de douze années après que finalement on n'avait pas tout vu, que la vidéo de la grand-mère était seulement trop courte pour la durée totale du film, et là où les aventures des frères Stephen et Brian se terminaient, lors de l'enregistrement tant aimé, sur l'entrée des héros blessés dans l'ambulance après des exploits incroyables dans un brasier d'enfer, l'horreur se matérialisa au cours d'une diffusion sur une chaîne publique : le film ne s'arrête pas dans l'ambulance... mais un quart d'heure plus tard, quelques événements dramatiques s'étant déroulés entre temps ! Révélations insupportables quant au devenir de notre Kurt Russell préféré... Encore aujourd'hui, rien que de repenser que j'étais resté dans une illusion tellement plus optimiste, ça me bouleverse.
FK

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