Salutation les petits loups ! Comme annoncé la semaine dernière, nous allons continuer notre tour des meilleurs films popcorn avec un titre particulièrement exceptionnel puisqu'il va nous permettre de rétablir la balance que nous avions fait gentiment passer vers le côté obscur de la force avec le chef d'oeuvre de Mark Lester :
Class of 1984. En effet suite à un Popcorn Reborn brut de décoffrage et sans concession, il fallait tout de même retrouver cet aspect ironiquement bon enfant typiquement 80's qui compose l'esprit de cette rubrique. Heureusement la présence du nain le plus sympathique d'Hollywood (qui a dit
Tom Cruise ?) dans le film de Lester nous permet de faire la transition vers un monument du film pop par excellence :
Teen Wolf ! Certains auraient sans doute trouvé plus audacieux de se servir du cultissime
Back to the future pour parler de
Michael J. Fox mais ne résumer l'acteur qu'à Marty McFly tiendrait de la facilité et aurait tout de même un petit quelque chose de déjà vu... Et puis franchement traiter d'un film de loup garou dans lequel un has-been se sert de ses poils pour faire craquer les nanas tient quelque part du fantasme tant le concept en lui-même est déjà ultra débile et à la frontière du nanar ! Mais qui dit débile, dit grand moment et
Teen Wolf comporte son lot de séquences d'anthologie toutes plus puissantes et incroyables les unes que les autres. Vous l'aurez donc compris cette semaine, le ton est au grand n'importe quoi, ce qui nous permettra aussi d'introduire un style de film dans lequel l'anarchie cérébrale et la « décomplexion » neuronale sont reines, pour que personne ne soit laissé pour compte lorsque Popcorn Reborn proposera des films encore plus atteints comme les Aventures de Buckaro Banzaï ou d'autres séries B bien rincées de la tronche par exemple... Un film soft donc, transitoire, dans lequel l'esprit est faussement politiquement correct et où le scénario tient sur un ticket de cinéma bien abîmé et à peine pompé ! Un très grand film qui sent bon une époque qui n'hésitait pas à tenter le grand n'importe quoi dans le but unique de s'amuser et de nous divertir. Et ce qu'il y a de jouissif dans ce
Teen Wolf, c'est que même en étant un maniaque pelliculaire très regardant sur les détails techniques et scénaristiques (ce qui n'est absolument pas le cas ici !), l'ensemble du métrage, des comédiens à la bande sonore, est tellement énergique et dégénéré que le film trouve auprès du public une certaine sympathie et un statut de petite film bien mauvais mais tellement cool, chose qu'il est, bien évidemment, puisqu'il n'a aucune autre ambition que de faire sourire et de déchaîner une Wolfmania !

Et il faut reconnaître que tout est présent pour amener le public à cautionner et accepter les pires dérives imaginatives ! Dès l'entrée dans le vidéoclub, la VHS enfin dans la main, on pouvait apprécier une affiche incroyable fleurant bon l'Amérique teenage de l'époque reaganienne :
Michael J. Fox, la mèche impeccablement coiffée, raie sur le côté, endossant un gros blouson au blason universitaire (tellement cliché qu'il en devient fun, ici), baisse le haut de son T-shirt et nous dévoile de ses pattes velues son effrayante pilosité, échangeant pour l'occasion un sourire complice au spectateur... Et avouez qu'un jeu de mot tel que « T'as le look garou ! » posé en haut de la jaquette tient tout de même du génie. Un grand moment dans l'histoire de l'affiche donc puisqu'elle a le mérite de posséder exactement l'esprit de la bête : un jeune type va se découvrir atteint d'un mystérieux mal, se changeant petit à petit en lycanthrope. Avec un sujet pareil, on pouvait s'attendre à un film relativement loup-é (désolé, je n'ai pas pu résister !) mais là, où l'ensemble des films sur le même thème offrent une vision et un point de vue généralement plus fantastiques et angoissants, dans
Teen Wolf la découverte de cette étrange faculté, même si elle a tendance à surprendre au début le personnage principal, va vite se révéler fun et vraiment utile pour une quête de popularité et la chasse à la gonzesse. On est donc à des miles des ambitions de l'excellent
Ginger Snaps, apparu quelques années plus tard, et qui se servait du statut de loup garou pour traiter de manière plus grave les changements qu'entraînent l'adolescence et la puberté. Ici, on est là pour s'amuser et cette évolution hormonale est annonciatrice de bonheurs avenirs et d'assouvissements plus ou moins citables !