
MARTIN SCORSESE, SHINE THE MUSIC - PARTIE 1
Tout sur SHINE A LIGHT - La Critique - Photos - Le 2008-04-14 07:08:07Martin Scorsese est un enfant des rues de Little Italy. Un quartier qui devenait un juke-box vivant, emporté par la masse musicale sortant des appartements voisins ou des petits commerces. L'influence est telle que la musique des films du réalisateur n'est jamais décorative, elle devient instrument de montage, donnant le rythme aux images et guidant les états d'âme des personnages. Baigné dans cette ambiance sonore, le cinéaste a fait éclore toute sa culture pop dans ses projets, de Van Morrison à Tony Bennett en passant par Robert Palmer ou B.B King. Les albums des Affranchis ou Casino sont devenus des compilations foisonnantes qui éclairent le cinéphile sur l'oeuvre du cinéaste. Epopée à travers la musique des films de Martin Scorsese, jusqu'à Shine A Light, consécration incandescente pour un cinéaste dont les Rolling Stones sont des comme des empreintes indélébiles qui ont traversé ses films.
Premier temps, premier mouvement d'un voyage à travers la musique selon Martin Scorsese.

La Valse Populaire
En 1967, Martin Scorsese signe son premier long métrage, Who's That Knocking At My Door ? La bande originale se construit sur les mêmes idées expérimentales que ses cadres. Etouffant son champ à l'aide de gros plans et d'image fixes, le réalisateur développe une dramaturgie religieuse autour de jeune homme obsédé par le viol de la femme qu'il veut épouser. Ne pouvant supporter cette idée, le cinéaste use de percussions qui emplissent l'ouie de remous intérieurs, entre culpabilité et liaisons charnelles. L'insolence de la mise en scène influencée par la Nouvelle Vague se perpétue la même année avec un troisième court-métrage The Big Shave. Au son de la chanson de Bunny Berigan, I Can't Get Started, l'auteur livre un pamphlet contre la guerre du Vietnam. La candeur de l'acteur alliée à la blancheur de la salle de bain contrastent avec cette lame déchirant la peau. Ironique, surréaliste, Martin Scorsese utilise la musique à des fins politiques, faisant couler le sang tandis que Bunny Berigan chante "You're so supreme, The lyrics I write for you, Dream, dream, day and night of you" ("Tu es si souveraine, les paroles que j'ai écrites pour toi, Je rêve, rêve de toi le jour et la nuit")... Le réalisateur retrouve Harvey Keitel en 1973 pour Mean Streets où les chansons italiennes de Giuseppe De Stefano (Addio Sogni Di Gloria, Munasterio Di Santa Chiara...) confronte les Rolling Stones (Jumpin' Jack Flash) et Cream (Steepin' Out). Fils d'immigrés italiens, le jeune cinéaste personnalise ses bandes originales, entre tradition familiale et Woodstock. Mean Streets, pourtant filmé à Los Angeles, livre toute la dimension musicale d'un New York multi ethniques et grandiloquent.

L'artiste amoureux du septième art, l'est également du Jazz (il est l'instigateur de Martin Scorsese Présente le Blues, mini-série réalisée en 2003, notamment par Clint Eastwood et Wim Wenders). En 1974, Alice N'est Plus Ici suit le chemin d'Ellyn Burstyn à la recherche de son rêve d'enfance : devenir chanteuse. Martin Scorsese la guide avec All The Way From Memphis (Mott The Hoople). La route est longue mais le réalisateur en fait une ballade douce amère illustrée par des choix musicaux comme I Will Always Love You (Dolly Parton) ou I've Got a Crush On You (George Gershwin). Trois ans plus tard, le cinéaste ne pouvait pas passer à côté d'une comédie musicale comme New York New York. Arrangée et conduite par Ralph Burns d'après des thèmes originaux de John Kander et Fred Ebb, la partition fait l'unanimité, au contraire du film. Malgré les difficultés pendant le tournage, cette oeuvre est un bel aboutissement visuel et rythmique. Inspiré par Vincente Minelli, Martin Scorsese s'oriente vers une mise en scène guidée par la musique: "La caméra suivait l'action le temps de quelques mesures avant le premier raccord, sans faire de plan général, et je continuais au moins pendant 24 mesures. Ensuite la caméra couvrait un angle pendant 12 mesures, puis un autre pendant 12 autres mesures, et ainsi de suite dans tous les sens jusqu'à ce que ça se transforme en style cinématographique" (Scorsese Par Scorsese, David Thompson et Ian Christie, Cahiers Du Cinéma). Plus qu'un film sur le Jazz, le cinéaste ausculte la rencontre entre Liza Minelli et Robert de Niro, artistes rongés par l'inassouvissement. Le même sentiment parcourt par ailleurs Rupert Pupkin dans La Valse Des Pantins, obligé de kidnapper Jerry Langford (Jerry Lewis) pour réussir dans le show business. On navigue entre le Jazz de Ray Charles (Come Rain Or Come Shine) et Van Morrison (Wonderful Remark). Le film mêle une fois de plus deux facettes de la culture musicale du cinéaste pour un personnage à la santé mentale instable.
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CINE : SHINE A LIGHT









































