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PLOY OU LE FRISSON EROTIQUE DE LA SEMAINE

PLOY OU LE FRISSON EROTIQUE DE LA SEMAINE

Tout sur PLOY - La Critique - Photos - Le 2008-04-16 05:28:08


Succombons une fois n'est pas coutume aux délices du dithyrambe : s'il n'y avait qu'un seul film à recommander en ce triste mois d'avril (on espère se consoler pendant le festival de Cannes !), c'est indiscutablement Ploy de Pen-ek Ratanaruang. Une étude de moeurs exquise teintée de fantastique anxiogène où le récit importe moins que les divagations de quelques personnages dans un univers de claustrophobie moite. Avec ce sixième long métrage, le cinéaste thaïlandais se pose quelque part entre Tsai Ming-Liang et Wong Kar-Wai première période et s'affirme comme l'un des maîtres de la fresque laconique consacrée au désir et à son assouvissement contrarié. Très beau voyage charnel en perspective.


Dans l'Hexagone, on avait fréquenté son univers avec Fun Bar Karaoké, 6ixtynin9, Monrak Transistor, Last Life in Universe et plus récemment Vagues Invisibles, Pen-ek Ratanaruang n'a rien d'un débutant. Et pour cause, cet artiste a commencé en étudiant l'histoire de l'art au Pratt Museum de Londres avant de devenir directeur artistique d'une agence de publicité en Thaïlande. Ce n'est qu'en 1997 qu'il passe au long métrage et commence à construire toute une gamme d'oeuvres tantôt déjantées tantôt aériennes qui n'appartiennent qu'aux choses bizarres qui s'agitent dans son cerveau. Ploy est son sixième long métrage et il s'agit du plus beau : érotique et glaçant, racé et élégant, enivrant et planant. Comme une gueule de bois sans cesse répétée. La réussite est telle qu'elle donne envie d'oublier les précédentes Vagues Invisibles qui malgré la magnificence des images succombaient hélas plus d'une fois à la théorie vaseuse et tentaient maladroitement de plaquer les codes du polar sur une intrigue abstraite. Résultat: à trop vouloir en faire, le cinéaste n'a récolté que la déroute de ceux qui avaient joui de ses précédentes tentatives.


Heureusement, Ploy s'avère pour tout ceux qui n'avaient pas succombé aux Vagues Invisibles un petit miracle qui donne à penser que dans son genre Pen-ek Ratanaruang accomplit des prouesses pour mêler le texte et l'image, le sens et la sensation, l'abstraction et l'émotion. La dialectique, la morale appartiennent à son vocabulaire mais ses films, simples et entêtants, échappent aux écueils didactiques. Ici, la mise en scène contemplative titille singulièrement la fibre sensible du spectateur. Dans l'urgence de Ploy où l'on assiste aux ravages du temps et des fantasmes, des parcours déchirants se dessinent. Celui d'une jeune femme de 19 ans, qui a quitté Stockholm pour Bangkok afin de retrouver sa mère, traîne sa silhouette alanguie, écoute de la musique, fume des clopes et croise au bar d'un hôtel le regard perdu d'un homme. Celui de sa femme qui développe une névrose maladive autour de cette rencontre. Celui d'un couple en crise, englué dans la litanie des jours qui passent. Celui d'un barman qui retrouve une femme de chambre avec qui il ne va chercher qu'à prendre du plaisir en jouissant de caresses. Loin des autres, loin de tout mais pas loin de nous et de nos blessures indicibles.

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Le cinéaste thaïlandais Pen-ek Ratanaruang oublie l’exercice de style partiellem...
 
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