

Professeur de violoncelle, Mi-Joo vit confortablement avec son mari, sa belle soeur et ses deux adorables bambins. Tout se passe bien jusqu'au jour où un accident lui ôte toute envie de tâter l'instrument et laisse des cicatrices indélébiles. Et en effet, plus rien ne sera comme avant: air de violoncelle étrange, suicide de la belle-soeur, apparition d'une gouvernante louche. Les événements tragiques se succèdent. Toujours pour le pire. Et s'il s'agissait d'une terrible vengeance surnaturelle ? Et s'il s'était passé quelque chose d'affreux dans son passé? Et si le squelette se décidait une bonne fois pour toute de sortir du placard ? Le script de Cello pourrait tenir sur un confetti et essaye non sans efforts de refléter les tempêtes intérieures d'une pauvre femme confrontée à l'horreur (hallucinations flippantes, présence d'un violoncelle possédé, famille qui vole en éclats). Le cinéaste Lee Woo-yeol a certainement dû consommer du thriller horrifique pour essayer d'isoler les meilleurs moments des standards et les assembler en un drame psychologique overdosé de pathos qui s'abîme par intermittence dans l'horreur graphique.

Non sans opportunisme, le résultat est sorti pendant l'été 2005 entre deux canons du genre : le fréquentable The Wig, de Won Shin-Yeon et le très alambiqué The Red Shoes, de Kim Yong-kyun. Mais là où un avatar réflexif comme The Red Shoes essayait de réfléchir sur le genre en proposant une surenchère d'effets au détriment de la cohérence (avec, à la clé, un climax final impressionnant mais vain), Cello préfère l'option moins surprenante qui consiste à traiter ses sujets sans prendre de pincettes ironiques et essaye de renouer avec une tradition horrifique coréenne perdue depuis la fin des années 80. Depuis quelques années maintenant, c'est devenu la mode: les films d'horreur sud-coréens cartonnent au box-office pendant la période estivale. Ce revival, redevable à la tétralogie des Yeogo Goedam (Whispering Corridors, Memento Mori, Wishing Stairs), a entre autres permis l'émergence de la sensible Lee Soo-Yeon (Apparition, sorti en zone 2 chez HK Video) ou encore le retors Kim Jee-Woon (Deux Soeurs qui sous sa structure alambiquée reprenait des éléments empruntés à d'autres ghost story schizoïdes). Même si chacun possède des qualités évidentes, on serait tenté de dire que le parangon de cette mouvance reste l'épigone de Kim Jee-Woon qui s'est le mieux exporté de tous, au point même qu'un remake américain produit par Dreamworks et réalisé par les frères Guard est sur le point de paraître (la sortie française est prévue le 12 novembre prochain).
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