
IRON MAN
Un film de Jon Favreau
Avec Robert Downey Jr., Terrence Howard, Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges, Samuel L. Jackson
Durée : 2h05
Sortie cinéma France : 30 Avril 2008

Autant le reconnaitre d'emblée, cet Iron Man , tant attendu et, avouons le, dans une certaine crainte, est une excellente surprise et cacher sa joie et son plaisir à découvrir ce super héros culte, enfin adapté dans un long métrage live, tiendrait de la malhonnêteté tant Jon Favreau et son équipe se sont, visiblement, attelés à une tache qui n'était pas simple et qu'ils l'ont accompli avec une certaine réussite. Aussi, prendre ce personnage culte de l'univers Marvel ne tenait pas de la facilité tant Tony Stark est un personnage ambigu et désabusé, sorte de Bruce Wayne branleur dont la volonté première est à la fois de faire du profit de ses usines d'armements qu'il vend aux plus offrants et de contrebalancer ses actes commerciaux par ses interventions anonymes en tant que super héros zélé. Aussi, la principale embuche d'une quelconque adaptation des aventures du milliardaire aurait pu être franchement douteuse si le parti pris avait été radicalement premier degré et donc son héros totalement antipathique. Pour remédier à ce problème certain qui se présente dès la lecture d'un des comics de la série éponyme, l'équipe de Favreau fait des choix plus ou moins audacieux dans le but de rendre au personnage une certaine aura et ainsi de lui attribuer les faveurs du public. Mais le traitement des cas de conscience chez les marchands d'armes a déjà été fait, et ce dans le majestueux Lord of War d'Andrew Niccol, et surtout, ce n'est absolument pas le but ni le fond de commerce de la série. Aussi, scénaristiquement, le personnage est bientôt totalement épuré de cette ambiguïté qui poussait Stark à s'opposer à son double métallique. Gardant tout de même le côté grande gueule et superficiel de Stark dans le premier quart d'heure, lui offrant cet aspect vautour inconscient de marchand de mort, le choix d'offrir au personnage joué par Robert Downey Jr un cas de conscience qui le poussera à radicalement abandonner ses élans lucratifs pour se consacrer à la paix tient quelque part de l'hérésie que les fans les plus ardus du héros encaisseront sans doute mal... A la trappe les tendances alcooliques de Stark et les scènes de troubles le poussant à oublier et à abandonner sa double identité métallique l'espace de quelques temps... Cet abandon d'une certaine dimension déchirée du héros est l'une de ses petites légèretés et facilités qui troubleront certains mais qui est heureusement compensé par un choix plus que judicieux pour interpréter cette tête d'acier et un respect formel d'une multitude de détails du comics originel (la voiture des parents ou l'apparition du Shield par exemple, thèmes absolument pas développés dans le film mais tout de même présents)...

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