
THE WARLORDS
Tou Ming Zhuang
Film de Peter Chan Ho-Sun
Avec Andy Lau, Jet Li, Takeshi Kaneshiro, Xu Jing Li
Durée : 2h07
Sortie le 16 août 2007 en Chine / Sortie inconnue en France

S'ouvrant sur une séquence où chaos et barbarie se conjuguent pour donner au film, son identité première, The Warlords nous donne parfaitement à voir ce que Peter Chan sait faire lorsqu'il se trouve derrière une caméra. Lui que l'on connaît davantage pour son activité frénétique de producteur (The Eye, Three Extremes, Protégé), sait ainsi surprendre et étonner avec cette fresque historique d'ampleur. S'inscrivant dans la lignée des productions d'envergure que la Chine nous concocte depuis L'Empereur et l'Assassin, The Warlords intrigue à merveille entre amitié et politique. Toutefois à force de s'échiner à nous laisser espérer de grandes choses, le métrage déçoit et ne tient qu'imparfaitement les promesses augurées par son entame.
Une histoire d'hommes en pleine Chine Mandchoue
En plein coeur du XIXe siècle, The Warlords installe à ses débuts, la figure de Pang Qing-Yun (Jet li), général défait qui aura vu ses mille six cents hommes être tous massacrés au terme d'un combat épique de trois jours et trois nuits contre l'armée de Kui. Brisé et s'écroulant bientôt, celui qui pour survivre aura feint la mort, assumera sa honte lorsque remis, il s'enfuira. C'est d'ailleurs à l'occasion de cette fuite désespérée que notre déserteur abattu s'affalera, blessé et épuisé et fera alors la connaissance d'une superbe jeune femme (Xu Jing Li) qui le secoura, elle qui n'est autre que la femme du chef d'un village de bandits itinérants, l'impressionnant Zhao Er-Hu (Andy Lau).
A la manière du Sabreur Manchot de Chang Che, entre recueillement et réconfort, Peter Chan va ainsi initier la seconde scène mémorable du film après la folle démesure sanguinaire et meurtrière de son ouverture : celle de la première rencontre entre ces deux individus que tout devrait séparer. Instillant alors dans la narration de la séquence, une ellipse volontaire qui nourrira toute l'idylle traversant le métrage, le cinéaste pose alors les bases du conflit dramatique qui nouera une partie du scénario et de son dénouement. Vient à sa suite, la rencontre entre Pang Qing-Yu et Jiang Wu-Yang (Takeshi Kaneshiro), jeune premier et commandant de la bande menée par Zhao Er-Hu. Si cette dernière s'ouvre sur une manière de se présenter très virile, elle va amener l'un et l'autre à se respecter et à faire accepter le futur frère Pang dans la troupe guerrière du village. S'accomplissent alors les retrouvailles à l'écran de deux des protagonistes du Secret des poignards volants.

Et l'histoire va alors marquer l'exceptionnel courage et vigueur de celui qui dès lors va être le moteur de l'action et le principal instigateur de ce qui se produira. En effet, une fois le trio réuni, les futurs compères vont avoir pour principal but de piéger et de massacrer une caravane d'adversaires lourdement armés. Ainsi, dans un défilé montagneux, c'est à un véritable remake de la bataille des Thermopyles que le réalisateur de Perhaps Love nous invite, tout en nous offrant une séquence d'action qui n'aurait rien à envier à celle très « ninjutsu » de la Cité Interdite. Lorgnant de fait entre Chang Che, Zhang Yimou et Tsui Hark période The Blade, The Warlords progresse en mettant en place un trio qui sous couvert d'un serment, fera grandement écho à Blood brothers et préfigurera de grandes et heureuses conquêtes. Mais l'édification qui se met en place, n'est pas faite pour durer car à peine auront-ils eu le temps de goûter à un retour triomphal, que l'attelage magnifique ainsi formé va connaître à nouveau de sombres heures.








































