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POPCORN REBORN : HURLEMENTS

POPCORN REBORN : HURLEMENTS

Tout sur HURLEMENTS - Le 2008-04-18 11:00:46


Amoureux du cinéma qui dépote, bonjour ! Alors que nous apprenions la semaine dernière que dans les campus américains vivaient des familles de paisibles loups-garous avec le super sympathique et gentiment débile Teen Wolf, nous allons aborder cette semaine un autre film qui lui a le mérite de remettre le thème du Lycan au goût du jour , sujet exploité pendant des années par Universal et autres maisons de productions qui petit à petit marquèrent l'inconscient collectif de codes et de superstitions autour de ces hommes qui à la pleine lune retrouvent leur animalité et se métamorphosent en horrible monstre mi bête, mi humain... L'ambition du second film est donc de se servir de ces années de traditions cinématographiques pour mieux se les réapproprier et les imposer dans un contexte contemporain, tâche que ce Hurlements remplit à merveille grâce au génie de Joe Dante, un réalisateur hors du commun qui, plus tard, se verra petit à petit évincé des studios, la faute à des films peut-être un peu trop malins et un peu trop couillus le réalisateur s'acharnant systématiquement à frapper avec humour là où personne ne l'attend... Mais le destin du Monsieur n'est pas notre sujet aujourd'hui et ce n'est pas un film mais toute une carrière qu'il faudrait reprendre pour bien comprendre la grandeur du réalisateur (un futur hors série de Popcorn Reborn ?)... Car aujourd'hui, et c'est une joie infinie pour votre serviteur, nous allons parler de Hurlements, dont le titre original The Howling claque quand même moins que ce Hurlements français qui représente un sommet dans l'histoire du titre kitsch, ainsi que de son affiche monstrueuse, de la cultisme et ravissante Dee Wallace, des maquillages du génial et rigolard Rob Bottin, du pince sans rire Robert Picardo, de Joe Dante et ses manies, heureusement insoignables, d'adolescent pré pubère et de cette géniale histoire de camp de vacances pour loups-garous dépressifs mais ne faisant pas pour autant la grève de la faim... Bref aujourd'hui, la rubrique reprend son goût de la viande bien rouge et vous invite à aller chercher votre VHS, vos popcorns et si vous avez : un steak bien saignant !


Nous sommes donc en 1980 et le cinéma de genre vient de connaître une période de chefs d'oeuvres... Rien que ces deux dernières années par exemple, les films d'horreur ou du moins ceux qui font peur qui ont eu la chance de rentrer sur les belles marches du box-office sont, en vrac, Shining, Amityville la maison du diable, Alien le 8eme passager, ou encore le thriller fantastique Les yeux de Laura Mars... Du cinéma d'horreur un peu plus cérébral donc et dont les trois seuls à avoir réussi à véritablement touché le public avec des bandes un peu plus bourrines sont Spielberg avec ses fameuses Dents de la Mer, Jeannot Scharz avec la suite du repas du requin géant et enfin le petit et tout timide Joe Dante avec son petit mais bien méchant Piranha, petite série B bien amusante mais pas pour autant inoffensive, procédé qui sera la marque de fabrique du futur papa des Gremlins. D'ailleurs, et puisque l'on a évoqué les célèbres Jaws de Spielberg, lorsque Dante est appelé pour réaliser Hurlements, il abandonne du coup la pré production des Dents de la Mer III qu'il doit initialement diriger suite à la petite vague dans le box office qu'ont accompli ses poissons carnassiers en papier maché ! Mais à la base le film que vous connaissez et aimez tant et sur lequel nous discutons aujourd'hui ne devait absolument pas ressembler à ce que nous connaissons et s'apprêtait à devenir une authentique bousasse ! Prenant pour base le roman The Howling de Gary Brandner, l'adaptation est d'abord confiée à Jack Conrad qui, adoubé par l'auteur, signe un scénario ultra fidèle, celui-ci ne cherchant jamais à transcender les écrits de l'homme derrière le roman de La Féline. Les producteurs, conscients que Conrad a certainement accompli un travail honorable au travers de la réécriture, lui demandent gentiment de partir et proposent à Dante le poste, qui ni une ni deux accepte, préférant continuer dans une veine plus modeste qu'une franchise basée sur un squale mais surtout dans laquelle il aura beaucoup plus de liberté. Et cette liberté, il va même se l'octroyer directement en arrivant sur le projet. Négociant un salaire volontairement bas en échange d'un total director's cut, il veille à rester dans les mêmes conditions qu'il avait connu lors de ses premiers pas sous l'aile du pape de la série B, l'inénarrable Roger Corman dont les méthodes basées sur l'économie de moyens et sur la démerde permanente ne sont pas à rappeler. Aussi, Dante promet de travailler vite et bien mais insiste bien sur le fait qu'il veut qu'on le laisse tranquille. C'est donc tout naturellement et assez logiquement que le jeune réalisateur à peine arrivé dans les bureaux de la production réclame le roman originel et le lit d'une traite, le scénario de Conrad en tête et annonce très sérieusement que même si certains éléments actuels seront présents dans son film, la trame sera, elle, changée et ce avec l'embauche directe de son scénariste et ami John Sayles avec qui il a travaillé sur Piranhas. Pour mémoire Sayles sera par la suite l'auteur et le réalisateur du très beau Lone Star ou du un peu moins bon Limbo. Toujours est il que les deux hommes s'attèlent à la tâche de réécrire l'histoire et, malgré la colère de Brandner dont Dante se fout comme de son premier poil, offre cette histoire incroyable...


Et cette trame, que nous allons dévoiler dans les prochaines lignes pour les malheureux incultes qui n'auraient pas eu la chance de découvrir cet énorme monument du cinéma de genre (mais rien n'est perdu, il est encore temps de se rattraper les gars...), a été pensée dans une optique bien particulière : Dante est conscient que la mode est au thriller et au fantastique plus noble que l'attaque de caniche géant, aussi décide-t-il que l'intervention ou même la simple évocation du terme loup-garou n'apparaîtront que très tard dans l'intrigue de façon à ce que le spectateur lambda et qui ne désire absolument pas voir un film d'horreur bestial soit pris par l'intrigue et soit obligé d'assumer sa passion soudaine et inavouée pour les méchantes bêtes. C'est pour cette raison, entre autres, que The Howling commence d'une manière assez classique, beaucoup plus proche de French Connection de William Friedkin que des exploits de Lon Chaney Jr... A ce propos, et ceci est un appel aux lecteurs attentifs qui recevront ma gratitude éternelle s'ils m'éclairent, le réalisateur de L'exorciste ne ferait-il pas un caméo en tant que réalisateur d'émission télévisée dans les scènes d'ouverture et de clôture ? Bon, reprenons ! Le film de Dante s'ouvre sur une mystérieuse émission de télévision dont le thème, depuis quelques semaines, est la présence en ville d'un serial killer nommé Eddie Quist qui a pris la fâcheuse habitude de harceler la jolie Karen White, co-présentatrice de l'émission en question qui, pour régler cette histoire une bonne fois et pour faire monter le taux d'audience, décide de rencontrer ledit psychopathe ! Avouez que des idées pareilles, on en n'a pas tous les jours ! Cependant, cette intention certes louable mais complètement inconsciente de vouloir empêcher le tueur de frapper à nouveau va être déterminante puisqu'elle va donner naissance à une scène malsaine au possible et surtout faire démarrer véritablement l'intrigue dans une direction surprenante. En effet, la jeune femme se rend dès l'ouverture au rendez-vous de Quist : tard dans la nuit, dans les bas quartiers, elle doit répondre à un coup de téléphone dont la localisation sera repérable grâce à un autocollant, signature du tueur : un Smiley jaune pétant! Aussi, après avoir répondu et bousculé Roger Corman qui attendait dehors son tour pour passer son appel (tiens donc !), elle se rend au nouveau rendez-vous à quelques blocks de là dans un lieu plus que redoutable pour la jeune femme qui porte maintenant sur son visage une véritable gêne qui se mêle au stress de la rencontre : leur tête à tête va se dérouler dans une cabine privée d'un sex-shop, lieu intime où Quist pourra lui montrer quelque chose « qu'il n'a montré à personne d'autre » ! Autant vous préciser que les intentions du gentleman sont tout sauf prudes et que la pauvre Karen sera tellement choquée par ce qu'elle découvrira qu'elle en perdra la mémoire, nous laissant dans le trouble absolu puisque la demoiselle n'est plus en état de nous raconter et que l'assassin se fait dégommer directement les poils sortis du pantalon par un flic un peu trop zélé ! Première morale de l'histoire que semble nous adresser Joe Dante dont le sens de l‘humour n'est pas à rappeler ? Ne jamais répondre à l'invitation d'un sociopathe cannibale et à plus forte raison lorsqu'il vous convoque dans un sex-shop !

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