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CINE : ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE

CINE : ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE

Tout sur TOUS LES GARCONS AIMENT MANDY LANE - La Critique - Photos - Le 2008-04-21 06:01:49


Mandy Lane est un ange texan de 16 ans : belle, innocente, sexy et vierge. Elle attire tous les regards masculins de son lycée. Deux filles l'invitent à passer quelques jours dans un ranch pour participer à une petite fiesta intime. Pour elle, c'est l'opportunité de se remettre d'un traumatisme (celui que l'on voit dans l'introduction) ; pour les garçons présents, l'occasion de faire plus ample connaissance avec ce beau spécimen. Très vite, la débauche se transforme en gueule de bois cauchemardesque lorsqu'un mystérieux tueur rode et décime les convives éméchées. Est-ce que la belle Mandy sortira indemne de ce week-end meurtrier ? Contrairement aux apparences, All the boys love Mandy Lane, de Jonathan Levine, n'est pas un de ces énièmes films d'horreur comme on en produit à la chaîne mais un faux slasher qui recycle les codes du genre pour faire plaisir aux amateurs (la maison isolée, le maître des lieux ambigu, le groupe de jeunes). En substance, il furète vers d'autres registres (film noir, drame, comédie) pour brouiller les pistes et proposer in fine une peinture sensible de l'adolescence, loin des teenage movie usuels, en captant des sentiments diffus, contrariés.

ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE
Un film de Jonathan Levine
Avec Amber Heard, Anson Mount, Michael Welch
Durée : 1h32
Date de sortie : 02 Juillet 2008

all the boys love mandy lane

Si vous aimez lorsqu'un scénario rompu aux lieux communs se bat contre une atmosphère dépressive et lorsque des personnages stéréotypés essayent d'exister par leurs propres moyens pour prouver qu'ils valent mieux que l'image qu'ils renvoient, All the boys love Mandy Lane devrait vous séduire. Le principal, c'est de ne pas le considérer au premier degré et de voir ce qu'il raconte derrière ses images clinquantes de jeunesse dorée. En réalité, la différence avec un produit lambda vient de celui qui est derrière la caméra. Dans d'autres mains (moins bien intentionnées), le résultat aurait sans doute ressemblé à une pauvre accumulation de rebondissements pour remplir le cahier des charges d'un divertissement au demeurant efficace mais terriblement impersonnel. Or, ce serait oublier que Jonathan Levine, ancien assistant de Paul Schrader, court-métragiste de renom (Love Bites, dans lequel il sillonnait les routes pour retrouver des femmes rencontrées sur Internet) et responsable d'un film de fin d'études sur un Dj de Hip-Hop en pleine cure de désintoxication (Shards), s'est imposé aux commandes du projet. Le passage au long lui permet de pervertir le scénario signé Jacob Forman en ajoutant une dimension romantique proche du spleen. La recherche désespérée de la séquence frisson qui glace l'échine, très peu pour lui. Le but consiste moins à filer les jetons qu'à mettre en avant, à travers un style visuel très travaillé, la mélancolie doucereuse d'une époque bâtarde dont il a conservé, selon ses termes, autant de bons que de mauvais souvenirs. Rétrospectivement, il regrette de ne pas en avoir plus profité.

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Ce slasher, mené par une âme sensible, révèle dès ses premières images un ton farouchement personnel en commençant par une scène accidentelle qui se déroule des années avant les événements. Toutes proportions gardées, Levine pense le cinéma comme un émule de Don Siegel en appliquant la formule voulant que le spectateur n'ait pas de l'avance sur les personnages et se perde avec eux dans des méandres tordues. Si l'intrigue paraît classique, l'atmosphère prend à contre-pied. Le jeune cinéaste cinéphile isole les genres qu'il préfère pour les mélanger (on pense autant au film noir pour la modernisation de la femme fatale qu'aux vieilles ficelles du suspens Hitchcockien) et fait basculer son exercice de style dans une autre dimension, plus tordue : celle des contes vaguement psychanalytiques où la présence d'un menaçant tueur ne sert à rien, si ce n'est à traduire une métaphore filée sur le passage à l'âge adulte. Peu importe finalement son identité. Ce qui plaide pour le film, c'est qu'on ne sent pas la lourdeur des ambitions. En empruntant le chemin d'une fable initiatique, All the boys love Mandy Lane reste léger dans ce qu'il dépeint et cruel dans ce qu'il raconte (la fin d'une période insouciante). Pour s'assurer qu'on le résume pas à un faiseur, Levine fait également les yeux doux à un certain cinéma indépendant US qui aime, depuis des lustres, à dépeindre des teen plongés dans la dépravation (les cinémas de Larry Clark et Gregg Araki, sans en avoir le nectar provocateur). C'est là où il atteint sa limite : à aucun moment, il ne parvient pas à faire oublier que son histoire a été racontée avant lui.

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