

Les débuts de Georges Méliès
Né Marie Georges Jean Méliès le 8 décembre 1861, il est le benjamin de deux frères, Henri et Gaston. Issu d'une famille aisée, le père Louis Méliès a fondé une fabrique de chaussures de luxe à Paris en 1847, Georges Méliès ne travaillera pas, au contraire de ses frères, dans la société familiale. Après un séjour à Londres en 1884 où il devient prestidigitateur amateur, il reçoit en 1888 sa part de l'entreprise paternelle quant Louis Méliès se retire des affaires. Avec cet argent Méliès achète les droits d'exploitation du théâtre Robert-Houdin la même année, il a vingt-six ans. Depuis plus de quarante ans, ce théâtre était réputé de façon internationale pour la qualité et l'originalité des tours de magie et de passe-passe que l'on y montait. Ce théâtre était muni d'un « salon d'exposition », le précédent propriétaire, Jean-Eugène Robert-Houdin, y exposait les trésors de sa collection ; « des phénomènes, automates, entresort et autres curiosités à caractère plus ou moins scientifiques ». Les fameuses Soirées fantastiques de Robert-Houdin firent de la salle le seul théâtre de répertoire de la magie du monde, les numéros d'illusions se répétant chaque soir de la semaine. A grand renfort de trucages et d'illusions on y montrait La suspension éthéréenne, Les spectres et le manoir du diable ou encore Le portrait de Cagliostro ou la fée des fleurs, Le décapité récalcitrant, de nombreux numéros qui enchantaient le public, petits et grands.


Georges Méliès en devient donc le directeur et en décembre de la même année, en 1888, il crée sa première grande illusion La stroubaïka persane. Deux ans plus tard il fonde l'Académie de prestidigitation dont il restera le président pendant une vingtaine d'années. Sa vie prend une nouvelle tournure lorsque le 28 décembre 1895 au soir, il assiste au Grand Café à la première représentation publique du Cinématographe Lumière. En effet Georges Méliès connaît Antoine Lumière, le père des Frères Lumière, car celui-ci loue en tant que photographe un atelier situé au-dessus du théâtre Robert-Houdin. Ce n'est pas la première fois que Méliès contemple les progrès techniques réalisés dans la restitution des mouvements. Quelques années auparavant il était déjà un habitué des spectacles lumineux des lanternes magiques et, en 1892, il fut invité à une présentation des pantomimes d'Emile Reynaud, le précurseur du cinéma d'animation, au cabinet fantastique du musée Grévin là où Méliès avait commencé sa carrière d'illusionniste. Reynaud fait jouer une succession de dessins montés à la suite les uns des autres sur une bande perforée mue par un mécanisme de roulement, ces dessins se succédant devant une source lumineuse qui projette les images sur un fond blanc.
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